Conan le destructeur

0 J novembre 2014 0 commentaires

Lorsqu’on a découvert la première aventure cinématographique de Conan réalisée par John Milius, «Conan le Barbare», on pensait au cinéma de Richard Fleisher et à ce souffle épique que l’on retrouve dans la plupart de ses films d’aventures historiques, en particulier «Les Vikings».Conan le destructeur On attendait donc ce «Conan le destructeur» avec intérêt. Mais le résultat est un peu décevant. Si Richard Fleisher sait toujours mener avec un punch étonnant des scènes d’action pures comme celle du combat au bâton de Grace Jones, il est nettement moins à l’aise lorsque ses personnages se trouvent confrontés à des effets spéciaux, notamment le combat final avec le monstre cornu. Fleisher n’a pas retrouvé cette sauvagerie primitive qu’avait parfaitement captée Milius. Son approche et sa réalisation sont différentes, plus traditionnelles. Richard Fleisher choisit l’itinéraire initiatique, la suite d’épreuves qui conduisent au triomphe du Bien et au sauvetage de la princesse en danger. Une fois acceptée cette naïveté, Conan reste une bande dessinée d’aventures fort honorable. Si le musculeux Arnold Schwarzenegger est toujours aussi imposant, il reste par moments un peu convaincant acteur. Pourtant, lorsqu’il se met en place, une lourde épée entre les mains, il en impose. La vraie révélation du film, c’est pourtant sa partenaire Grâce Jones. On connaissait son physique étonnant et sa voix. A l’image, elle a une présence animale. Et elle est bien plus étonnante dans ce «Conan le destructeur» que dans le nouveau Bond, «Dangereusement vôtre», où nous la découvrirons prochainement.

Tank

Tank, joli nom pour un char d’assaut. Ce Tank est un rescapé de la dernière guerre mondiale et fait partie des bagages – pour ne pas dire des animaux familiers- que balade depuis quarante ans avec lui le sergent-major Zack Carey, qui va très bien et n’est pas malade dans sa tête du tout, bien qu’il prenne son char pour un toutou. Le SM (sergent-major) est apparemment né avec un casque camouflage sur la tête. Pour lui, les vraies valeurs sont l’honneur, la famille, la patrie, le devoir, la veuve et l’orphelin, et autant d’autres vertus qui ont fait les paroles des plus belles marches militaires. Bref, le SM, sa famille et son Tank débarquent dans une petite localité du sud des États-Unis. Après avoir défendu une prostituée, le SM livre bataille au shérif psychopathe de la ville. Ce dernier monte une fausse histoire de trafic de drogue pour faire incarcérer le fils de Zack. Celui-ci décide alors de faire justice lui-même aux commandes de son char d’assaut. Le scénario ne fait pas dans la dentelle, mais, on parle de Tank ! Heureusement qu’une certaine dose d’humour ressort de tout cela.

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Greystoke, la légende de Tarzan, seigneur des singes

0 J novembre 2014 0 commentaires

GreystokeCe film est parfait. On pensait avoir tout vu sur Tarzan mais Hugh Hudson est arrivé et tout est devenu neuf. Nouveau ! Jusqu’à présent, Tarzan, le héros d’Edgar Rice Burroughs, appartenait à la série B. Petit budget et aventures premier degré. Hudson en a fait une aventure quasi-métaphysique. Un opéra sauvage où la vie côtoie la mort, où l’homme s’assimile à l’animal et où l’instinct rejoint l’intelligence ! Son film est aussi une fable écologique, car le monde le plus invivable n’est pas celui que l’on pense. Un jour, un naufrage, un nouveau-né… Il n’en faut pas plus pour le petit John Clayton, futur Lord Greystoke devienne Tarzan, le seigneur des singes. Un autre jour, un survivant d’une expédition massacrée par les indigènes, une rencontre avec l’homme singe… Il n’en faut à nouveau pas plus pour que le puissant Tarzan redevienne Lord Greystoke et retourne à la civilisation. Le film d’Hugh Hudson investit deux univers totalement antinomiques : la jungle et la société des singes d’un côté, l’Angleterre et la civilisation des hommes, de l’autre. Entre les deux mondes Tarzan/Greystoke va être ballotté, sans vraiment appartenir ni à l’un ni à l’autre. Pourtant en fin de compte, Tarzan optera pour Greystoke… Tarzan/Greystoke, c’est Christophe Lambert, un fantastique acteur, à la fois impressionnant animal couvert de cicatrices et aristocrate pair du royaume. Il donne au double rôle une puissance époustouflante. Face aux singes (des acteurs maquillés superbement par Rick Baker. l’homme de «King kong» ou du «Thriller» de Michael Jackson) dans le vert cocon de la jungle mais aussi face à un comédien d’exception comme Ralph Richardson (dont ce fut le dernier film) dans le faste somptueux des châteaux de l’Angleterre victorienne. Un chef-d’œuvre !

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Nastassja d’aujourd’hui et de demain

0 J octobre 2014 0 commentaires

Nastassja«…J’étais devenue actrice par hasard. Et je me suis laissée entraîner…j’enchaînais un film sur l’autre. Je n’avais pas de vie privée, alors je m’accrochais à mon travail. Mais au fond. je trouvais cela ridicule. Je ne savais pas pourquoi je le faisais, ni pour qui. Il me manquait cette force intérieure que j’ai trouvée depuis. Je souffrais parce que je ne voyais pas comment on pouvait continuer à vivre de cette façon : interpréter un rôle et puis rentrer chez soi et se retrouver perdue, rien dans la main… Il a fallu que je tourne mes deux derniers films «Paris, Texas» et «Maria’s lovers» pour que je découvre ce qu’est vraiment ce métier. J’ai l’impression de re-débuter de tout réapprendre. De faire enfin les choses avec le cœur…»5 «…J’ai revu «Tess» à la télévision en Amérique et j’avais l’impression que ce n’était pas moi, alors que, la première fois où j’ai vu le film, je ressentais les choses comme je les avais jouées… J’ai l’impression que, depuis «Tess», tout s’est passé pour moi. J’ai donné beaucoup de temps à mon travail, j’ai tourné beaucoup de films. Maintenant, j’ai envie de relations avec les gens, avec la nature, avec moi-même, avec la vie, quoi ! J’ai surtout le désir d’être calme. Je vais continuer le cinéma parce que c’est mon métier, je ne vais pas le jeter en l’air. Peut-être qu’encore deux ou trois films vont se présenter tout seuls comme s’ils étaient le destin. Mais ils ne seront pas tout. Je veux des choses touchables qui pousseront en même temps que moi et qui ne se couperont pas comme à la fin d’une prise. Avec des morceaux, on ne fait pas une route…»1°

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Son enfance

0 J octobre 2014 0 commentaires

«…L’enfance, c’est si important. Mon enfance m’a tout donné… Mes parents étaient toujours là. On parlait de tout…»1 «…On était trois. Mon père, ma mère et moi. Et puis, ils se sont séparés. Ça a séparé tout le monde. Avant la séparation, l’enfance, pour moi, c’était le bonheur. En Allemagne, en Angleterre, en Italie. La force que j’ai eue pour toute ma vie vient vraiment de là. De nous trois ensemble…»2

Son père Klaus

«… Je l’ai revu et aimé jusqu’à l’âge de quatorze ans, mais à ce moment-là, il a changé et ça a été fini. Je ne le vois plus. Je ne veux garder de lui que les bons souvenirs, ceux de mon enfance et notre désir commun d’être russes et polonais comme nos lointains aïeux. Nous avons tous deux l’âme et le tempérament slaves, mais nous sommes allemands…»3 «…Je n’ai jamais rencontré un homme comme mon père. Il est si fou, terrible et passionné en même temps. A cause de lui, je n’ai jamais connu rien d’autre que la passion. C’est normal pour moi. Maintenant, je rencontre des gens et je vois que ce n’est pas si ordinaire…»1

Sa mère Brigitte

(Après le départ de Klaus) «…Ma mère et moi, nous nous sommes construit une relation étrangement proche. Elle est comme le soleil qui se lève sur moi. Dans la jungle qui nous entoure, elle me protège comme une lionne le fait avec son petit. Lorsque nous parlons ensemble, l’entente est parfaite. Elle est la seule personne que je puisse vraiment aimer…»4

Les débuts au cinéma

«…J’ai été découverte dans une boîte de rock à treize ans par l’actrice Liza Kreuzer…»3«…C’était comme un petit travail. On me donnait de l’argent pour aller me faire filmer. C’est comme ça que je me représentais les choses. Je ne connaissais rien au cinéma. Par exemple, on me demandait d’aller sur un plateau. Mais je ne savais pas ce que c’était, moi, un plateau !…»2 «…J’ai tourné quelques films allemands. Le premier, «Faux mouvement», n’était pas encore terminé quand on est venu dire à ma mère que je n’étais vraiment pas faite pour le cinéma ! C’est vrai qu’à l’époque je prenais tout à la rigolade, rien n’était sérieux, je me moquais de tout ! Très vite, les journaux nous ont traîné dans la boue, ma famille et moi. Je ne comprenais pas pourquoi, j’étais fragile. J’ai perdu mes copains de classe, tout mon entourage était sur la défensive, j’étais blessée…»3 «„. Je me suis retrouvée actrice sans jamais avoir pris la décision de le devenir. Ça s’est fait au jour le jour. Et j’ai oublié toutes mes décisions de petite fille. Pourtant, j’avais plein d’idées : danseuse, peintre, prof, nurse… mais quand j’ai vu qu’au cinéma, on pouvait être une princesse, un assassin, un ange… ça m’a fascinée…»2

En passant par l’actor’s studio

«…A seize ans, j’ai décidé que je ne pouvais plus continuer à faire les choses à moitié. Les études ne m’intéressaient pas tellement, alors j’ai choisi le cinéma. Je suis partie pour New York, à l’école de Lee Strasberg… »3 «…J’ai assisté à des cours… Mais je n’étais pas sûre de vouloir en faire autant. On m’avait tout arrangé. On pensait que c’était bien que j’aille là-bas, comme les enfants auxquels on apprend le piano dès leur jeune âge. En fait, ce n’est que beaucoup plus tard qu’ils se mettent à aimer la musique…»

Tess : la consécration

«…Je connaissais Polanski depuis des années. Je l’avais rencontré dans une fête à Munich où il montait «Rigoletto» à l’opéra. Tout le monde m’avait dit de me méfier de cet affreux jojo, séducteur de nymphettes. Mais il s’est révélé le contraire de ce que les gens bêtes m’avaient dit…J’avais une grande faim de lui…J’avais vu «Le bal des vampires» cinq fois ! La première à onze ans, en cachette. J’étais complètement obsédée par ses films…Roman m’a parlé de «Tess» sans me dire qu’il pensait à moi pour le rôle. Il m’a demandé de lire le livre mais, bien entendu, j’ai complètement oublié… Quelques mois plus tard, il m’a dit : j’aimerais te donner une chance, mais ton accent n’est pas bon. Va en Angleterre étudier. J’ai couru à Londres et j’ai travaillé pendant cinq mois. Je ne sais pas si mon accent s’est amélioré mais, en tout cas, ça a marché !… Pendant le tournage, nous formions un monde à part, comme si nous étions dans une capsule spatiale tournant autour de la terre. Il y avait des gens de tous âges, la communication était parfaite, chacun d’entre nous était une pièce du puzzle, tout le monde m’aimait, c’était formidable…»3 «…J’ai tout essayé pour ressembler au personnage de Tess, pour m’identifier à elle, à ses états d’âme…»5

L’aventure américaine

«Coup de cœur» de Francis Coppola : «…Coppola est un père et un dictateur à la fois…»5 «…Il avait reconstitué l’atmosphère des studios du Hollywood de la grande époque. Son idée était d’amener les acteurs à improviser, à redevenir des enfants, à jouer comme des enfants, à se laisser aller à leurs sensations, à leur émotion aussi longtemps qu’il le faudrait, puis de tourner le film en trois semaines comme une pièce de théâtre…»3 «La féline» de Paul Shrader : «…J’ai eu tort de trop lui faire confiance…»5 «Surexposé» de James Toback : «…Ce film explique pourquoi nous sommes vivants, pourquoi nous naissons… C’est un film et une expérience que j’aime vraiment…»4

Cannes -83 pleine lune

«…Tout a déjà été dit et montré au cinéma. Jean-Jacques Beineix a essayé de montrer dans «La lune dans le caniveau» ce que l’on a profondément dans notre corps et notre âme, ce qu’on ne voit pas et qu’on ne pourra jamais attraper. Toutes ces choses que l’on ne connaît pas et que l’on n’ose pas regarder en nous-mêmes…»6

Cannes l’ éclaircie. Via Paris, Texas

«…J’ai été comme le personnage de Jane de «Paris, Texas» qui fuit un amour devenu destructeur, mais se révèle incapable d’échapper à elle-même, butant toujours sur le même obstacle comme un disque rayé…»7 «…II y a des moments où l’on est tellement vide, malheureux, que l’on ne peut rien donner à personne, que la seule issue pour survivre, c’est de s’échapper…»5 «…Moi aussi, j’ai voulu partir du monde. Je me demandais s’il y avait une façon de partir de soi-même. Il n’y en a pas : il faut être dedans soi. Jane est perdue, moi aussi je l’étais. Mais elle sait encore parler. Le peep-show, c’est peut-être plus intime qu’une conversation classique comme entre vous et moi. On s’interroge plus sur le sens des mots et on se concentre davantage sur la voix…»2

Maria et ses loves

«…J’ai toujours été fascinée par la Russie, par les pensées et les émotions si singulières que font passer les Russes. Konchalovsky, lui, cherche avant tout à exprimer des émotions très simples, mais fondamentales et qui s’accordent avec ma propre sensibilité. Pour lui, ce qui importe, c’est de réaliser dans l’amour l’harmonie entre le physique et le spirituel, entre le désir animal et l’élan de l’âme. C’est l’équilibre entre ces deux pôles contradictoires qui fait la plénitude de l’être humain et celle des rapports entre deux êtres. «Maria’s loyers» dit cela avec beaucoup de profondeur, à travers l’histoire d’un amour partagé, mais longtemps incomplet et déséquilibré entre Ivan et Maria et dans lequel vont interférer d’autres hommes…»5 «…Maria, c’est quelqu’un qui aime un homme comme les religieuses aiment Dieu. Pour son mari, déchiré par la guerre et par les morts qu’il a vus, elle a un amour absolu. Elle est dans l’enfer avec lui puisqu’il ne peut pas lui faire l’amour. Mais elle veut les sauver tous les deux…»9 «…Maria a la foi. Jamais elle ne lâche. Elle sait que l’important, c’est d’être ensemble et de s’entraider… Le métier d’actrice, c’est d’être en communion avec tous les gens qui ont vécu, ou vivent encore les joies ou les souffrances qu’on est censé incarner. «Maria’s lovers», je l’ai joué en pensant à toutes les femmes qui sont seules, tiraillées par le désir. Et puis à tous ces garçons qui reviennent de la guerre perturbés par les choses affreuses qu’ils ont vues et qui doivent continuer à vivre avec d’atroces souvenirs…»5

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Ça passe ou ça casse

0 J septembre 2014 0 commentaires

Osez l’avouer, les autoroutes pépères, trop bien balisées, du cinéma d’auteur hexagonal ou international, vous laissent bien souvent somnolent, vous incitant à emprunter vite fait bien fait, des itinéraires de dégagement qui sentent bon la gomme brûlée, et résonnent du cri tordant-distordu de la tôle froissée. Ce qui vous allume le regard, c’est le mouvement qui déplace les lignes de votre écran bleu, c’est le chant disharmonieux et brutal du pare-brise éclaté au long du macadam interminable et fondu des autoroutes américaines. Pas de problèmes : la sélection de K7 que nous vous proposons ci-dessous, à défaut de vous refiler une migraine d’art et d’essai, vous flanquera une joyeuse pétoche, le plus souvent de série B, mais toujours en quatrième vitesse. Nous prenons le départ au volant de «Flush», une production caractérielle inédite que vient de lancer Victory Vidéo. Ce tout jeune label promet puisqu’il nous offre sans ambages «la poursuite la plus bordélique de l’histoire du cinéma». On n’invente rien, c’est inscrit sur la jaquette ! Alors «Flush», réalisé par un certain Andrew J. Kuehn, interprété par un plein hangar de pare-chocs tirebouchonnés, c’est l’histoire pas guindée de William Randolph Hughes, un milliardaire excentrique (être milliardaire étant une excentricité en soi). Le nabab a enterré, avant de mourir, six mystérieux coffrets qu’il a disséminés sur le territoire US. Vingt ans plus tard, une fosse septique explose dans une station service. De l’odorant capharnaüm — restons poli — on extirpe l’un des coffrets qui recèle une bouteille de gin, une pièce d’or, et un manuscrit du facétieux Richard qui invite l’inventeur de ces bricoles à une faramineuse course au trésor. La nouvelle se répand comme une traînée de poudre, et tous les Philippe de Dieuleveul de par là-bas taillent la route et sèment les coups bas. Ne retirez pas votre ceinture, un «Flush 2», réalisé par un autre Fangio des caméras sera disponible dès octobre chez le même éditeur. On ne peut parler de stockcar celluloïdique sans évoquer le cas extrême d’Hal Needham, instigateur de la populaire série des «Smokey». Needham, ancien cascadeur et réalisateur de seconde équipe sur de nombreux films d’action, fut longtemps la doublure de Burt Reynolds. Il se rangea un jour des voitures accidentées sans renoncer à les filmer sous toutes les coutures, avec d’autres acrobates que lui derrière le volant. Naturellement, il songea à Reynolds pour faire de lui la star de son cinéma à roulettes. Tous les «Smokey/shérif» sont bâtis sur le même modèle : argument scénaristique mince comme un fil, gags énormes, et numéros de trapèze roulant à volonté. «Cours après moi shérif» (Smokey and the bandit-77) est disponible chez CIC-3M. Pour « Tu fais pas le poids shérif» (Smokey and the Bandit ride again-80 chez CIC-3M), Needham dépensa une fortune afin de transformer la séquence finale en la plus colossale déglingue automobile jamais montrée sur un écran. Des centaines de voitures de police et ce poids lourds y rejouent la bataille des Ardennes dans le désert américain et c’est à en avaler son permis de conduire. UGC vient de sortir récemment «Cannonball 2», encore un jeu de massacre sur les chapeaux de roues organisé par Hal Needham. Cette production poids lourds, dans la lignée de « La plus grande course autour du mondes (le Blake Edwards de 65 chez Wamer) en moins bien peigné aligne une belle brochette de stars : Reynolds, Sinatra, Dean Martin, Sammy Davis Jr, Jacky Chan, Shirley Mc Laine, etc. En ce qui concerne l’humour ce n’est pas du Harold Pinter (qui ne connaît rien aux bagnoles), mais on s’y dérouille les zygomatiques, et ça bouge bien. Dommage que le scénariste, trop occupé à appuyer sur le champignon, ait oublié de se presser le citron pour réussir son final. Aux USA, où la vitesse est sévèrement réglementée, les road-movies sont devenus un genre cinématographique à part entière, plus souvent embouti qu’abouti. Sans vouloir jouer les fouille-méninges, l’aspect défoulatoire de ces bluettes justifie leur popularité pour une bonne part. Comme toujours en pareil cas, les humoristes et les satiristes se sont mis de la partie. Voici venu le moment de parler de « La course à la mort de l’an 2000», de Paul Bartel (réalisateur du premier «Cannonball», chez MPM). Ce film, judicieusement primé en 76 au Festival de Paris du film fantastique et de SF, vient de sortir chez Canal Vidéo sous le titre «Les seigneurs de la route». Interprètes, David Carradine et Sylvester Stallone. A notre avis, vous ne devez pas rater cette saugrenue merveille, quand bien même une majorité de critiquesbien pensantl’aiemassacrée. Dans cette anticipation rapprochée, cinq champions automobiles s’affrontent, au volant de leurs incroyables bolides, dans une course baptisée la Transcontinentale. Tuer le plus de gens possible (femmes, enfants, vieillards) au long du parcours, est l’objet même de la compétition, qui a pour effet secondaire de «soupaper» l’agressivité du bon peuple. Ecolo, anarcho sado et rigolo ce «Rollerball» goguenard et ronflant, sublimement mouvementé, est un petit chef-d’œuvre d’humour sang et noir, qui piétine allègrement les plates-bandes d’Hal Needham et consorts. La morale et surtout les humoristes ont eu le dernier mot. La boucle est bouclée. Mais si vous estimez que le compteur de votre magnéto peut encore grignoter du kilomètre, continuez la balade avec, pour s’en tenir aux éditions assez récentes : «A fond la caisse shérif», de Charles B. Griffith (coscénariste des «Seigneurs de la route»). Cette production Roger Corman est disponible chez UGC. «Autoroute pour la mort» (chez Vestron Vidéo) n’est pas une comédie, mais un thriller, excellemment carrossé par l’inévitable Hal Needham. Et également : «Six pack» (Les petites canailles) de Daniel Petrie chez CBS-Fox. «Course contre l’enfer» de Jack Starett (CBS-Fox) avec Peter Fonda. L’argument fantastique est vaseux, mais les cascades époustouflantes. D’elle, on ne sait pas grand chose. Ou peu, si pieu, et c’est peut-être tant mieux. Oh, bien sûr, elle s’amuse parfois à poser avec son bébé ou son mari et cela suffit à «rassurer» tous ceux qui ne la croyaient pas douée pour le bonheur en quadrichromie. Mais Nastassja, c’est sans doute plus, bien plus que ça. Osons même croire qu’il y a en elle autant de la funambule du «Coup de codeur» que de la fille de la haute ville de «La lune dans le caniveau» ; que de la panthère de «La féline» ou des déchirures faites femmes qui s’appelleraient Maria et qui vivraient à Paris, Texas. Ces rendez-vous, placés sous les meilleurs auspices, sont signés Polanski, Shrader, Coppola, Beineix, Wenders et Konchalovski pour le haut du gratin. Plus quelques autres dont James Toback ou Howard Zieff, maîtres d’œuvres quelque peu incomplètes. Nastassja, donc, reine des médias à qui elle se livre sans se donner, figure imposée d’un puzzle dont elle seule connaît la clé. D’une interview à l’autre, elle peut parfois dire tout, tout, tout… et son contraire sans que la vérité, la sienne, ne s’en trouve altérée. Des différents propos qu’elle tient au fil des ans se dégage toujours le supplément d’âme qui fait toute la différence avec ce qu’on, peut lire habituellement. Nastassja «heart and soul», pour reprendre le titre d’une récente chanson US. Le cœur et l’âme. Qui dit mieux ?

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Seul le vent a soudain la parole

0 J septembre 2014 0 commentaires

L’autre immortel, un ignoble, un pas beau. Cuir noir, casqué d’un crâne d’animal aux crocs proéminents, le monsieur ne respire pas la sympathie… Tant pis pour la vérité historique du costume, il faut que les choses soient claires. Et elles le sont : le Kurgan a une tête à claques. On ne vient pas, comme Russell Mulcahy, du pays de Mad Max sans en avoir quelques séquelles.

Sir Sean ConnerySean Connery, quant à lui, joue Ramirez le précepteur du jeune Mac Leod. Une sorte de Obi-Wan Kenobi de ce Luke Skywalker du passé. «Je n’avais pas d’appréhension à me retrouver devant Sean Connery constate Christophe McLeod – et pourtant c’est un immense acteur doublé d’un extraordinaire être humain. C’est un type rayonnant, simple, qui vit sa vie sans contrainte. Nous avons souvent dîné ensemble et nous parlions de tout… sauf du film». Dans la vallée, les techniciens s’affairent. Les cameramen rechargent le film, les artificiers allument de grands feux qui dispensent sur la lande un fog très scottish et les figurants quittent à regret leur parapluie pour reprendre leur hache, leur épée et leur bouclier. Et lorsqu’un joueur de cornemuse entonne les premières notes d’un altier «God save the Queen», les sifflets et les hurlements fusent. On a le nationalisme chevillé au corps… Un ordre impersonnel hurlé dans un porte-voix réclame le silence. Les boucliers sont ramenés devant les poitrines, les épées se dressent vers le ciel. Seul le vent a soudain la parole… L’ordre «action !» tant attendu arrive enfin, libérant les deux meutes hurlantes. Tous y vont de bon cœur et pas seulement pour justifier leur 40 livres de salaire journalier. Un inconscient vindicatif anime cette troupe d’Écossais où se mêlent, au coude à coude, bergers, étudiants, chômeurs et paysans. La hache, le bouclier et le tartant leur font retrouver l’esprit de leurs rudes ancêtres. Placés en ombre chinoise sur des pitons, les joueurs de cornemuse entrent en action. Galvanisés, les figurants se muent en guerriers. Le «coupez» hurlé à plusieurs reprises dans le porte-voix aura du mal à calmer leur ardeur. L’ombre des hooligans plane sur le champ de bataille… Tout le monde se retire enfin. Tous… sauf un, allongé de tout son long dans la bruyère. Les deux blouses blanches et la civière ne sont pas dans le script… Le docteur qui veille en permanence sur le tournage diagnostique des côtes cassées. «Autrefois, on l’aurait achevé sur place…» ironise un Mac quelque chose, un adorable gaillard de 1,90 m, faisant la queue devant le camion d’intendance. Earl Grey et scones, il est cinq heures. Les traditions sont respectées…

Sur quels critères choisissez-vous un rôle comme celui de Mac Leod ou celui de Greystoke qui ne sont pas des personnages très éloignés ?

C’est vrai, car ces deux rôles impliquaient un changement radical dans mon existence et mon comportement. Pour «Greystoke», il m’a fallu aborder l’univers des singes, me débarrasser de toutes les inhibitions de l’être humain et à la limite de mes expériences d’homme jusqu’à copier physiquement les singes dans ma démarche, mes expressions. Pour «Highlander» c’est la même ligne de conduite qui m’a poussé à essayer. Là, c’est plus dans l’esprit que dans le comportement que j’ai été amené à modifier certaines de mes inhibitions. Je suis devenu un Écossais du 17e siècle, à tel point, et vous l’avez vu, qu’on m’interdit de parler le français pour que je ne perde pas cet accent écossais que j’ai acquis en trois mois d’exercice.

Mais au-delà de l’apparence et du mimétisme physique, les deux personnages sont psychologiquement très proches.

Oui, ce sont tous les deux des instinctifs. Je crois que la jungle et le code de vie des sociétés primates ne devait pas être éloignés de l’Écosse du 17e siècle. Mac Leod est un jeune chien, il est agressif, inconscient, hargneux. Il va au devant du danger autant par ignorance que par bravoure. Lord Greystoke était aussi comme cela. Mais les expériences de la vie vont les faire changer, quand Mac Leod se retrouve à New York cinq siècles plus tard, il a toujours le même instinct, mais c’est un vieux chien, qui ne va plus affronter le danger inconsciemment, mais essayer de trouver des astuces pour gagner. Il a une connaissance des gens et des choses qui le fait réfléchir. C’est l’une des paraboles du film. Mac Leod est alors comme Silverbeard ou White Eyes, les deux vieux singes de «Greystoke», et Greystoke lui-même deviendra comme eux lorsqu’il retournera dans la jungle… avec en plus l’enseignement de ce que sont vraiment les êtres humains.

Dans «Highlander», il y a aussi le thème de l’immortalité.

L’histoire m’a beaucoup plu. Je n’ai jamais lu un script aussi bien construit, dans lequel il n’y a pas une scène superflue et une construction narrative remarquable. Les scènes drôles alternent avec les scènes choc ou les moments d’émotions et même deux remarquables histoires d’amour. Mais il est vrai que le thème central est l’immortalité. L’idée est plaisante… mais à double tranchant. Dans le film, il perd sa femme car elle vieillit et lui pas. Quand on perd la personne que l’on aime le plus au monde et que l’on ne peut même pas se flinguer, c’est dur ! Mais cette immortalité entraîne aussi des scènes marrantes comme quand il tombe dans un lac et appelle au secours car il ne sait pas nager. Il crie à Ramirez «Aide-moi, je me noie !» et Ramirez lui répond : «Imbécile, tu es immortel… ». Il coule et on le voit marcher au fond de l’eau avant de réapparaître. Ça, ce sont de bonnes idées de scénario…

Quand on est jeune, on est toujours immortel ?

Oui, c’est vrai que la jeunesse est un signe d’immortalité dans la mesure où la conscience de la mort n’arrive qu’après. A 20 ans, on ne pense pas à elle. A 40, 50 ou 60 ans les choses deviennent différentes, le temps prend une autre dimension.

Être acteur, n’est-ce pas aussi être immortel ?

C’est la force de la pellicule et du cinéma. C’est vrai que des types comme Gabin, Jouvet ou Fernandel sont toujours vivants, toujours jeunes et que l’on peut les revoir. Et même maintenant, avec la vidéo, c’est encore plus vrai, ils habitent chez nous.

Comment abordez-vous un rôle ?

De la manière la plus simple, mais aussi la plus compliquée. J’essaie profondément d’être le personnage, de penser comme lui, d’agir comme lui. Pour Mac Leod, par exemple, je suis écossais quand je monte à cheval, je le fais en toute inconscience, sans réfléchir. Il ne se dit pas avant de monter : «Je risque de me casser la gueule…» Non, il monte à son habitude, comme une seconde nature. Avec ce tartan et mon accent, je suis écossais. Dans quelques semaines à New York, je serai américain. La seule différence est que je retiens mon épée lorsque je frappe.

Vous êtes de parents français, né à New York et élevé en Suisse. De plus, vous sautez allègrement de productions françaises en films anglais ou même bientôt américain. Vous retrouvez-vous dans une quelconque nationalité ?

Je suis français. De par mon éducation déjà, aussi bien parentale que scolaire. Mais je pense qu’à l’époque où nous vivons, les frontières —du moins dans le cinéma —n’ont plus vraiment lieu d’exister. Ne serait-ce que pour des raisons commerciales. De plus en plus, la France doit s’ouvrir sur le monde, et des films comme «Paroles et musique», «Coup de foudre» ou «Cousin, cousine» le prouvent. Ce qui ne veut pas dire que l’on doit perdre notre identité au profit d’une espèce d’internationalisme. Il y aura toujours les cinémas nationaux qui feront des films typiquement pour leur pays d’origine. A partir de l’instant ou un acteur est parfaitement bilingue ou trilingue, il n’y a aucune raison qu’il ne s’exporte pas. Prenez mon prochain film, il sera coproduit par Christian Fechner.

A l’image de votre carrière très éclectique…

Éclectique n’est pas le mot, car déjà tous les rôles ne peuvent pas se ressembler et le but d’un acteur est justement d’interpréter ces rôles. Sinon, on ferait toujours le même film. Les films que j’ai faits sont peut-être éclectiques dans le fond, mais mes personnages, excepté celui de «Paroles et musique», sont souvent de la même essence : jeunes, braves, inconscients à la limite de la folie et souvent d’un grand lyrisme. C’est valable pour le jeune flic d’«Une sale affaire», pour «Greystoke», «Subway» et «Highlander».

Vous semblez mettre «Paroles et musique» à part…

Je crois que les deux caractéristiques de mon personnage sont l’excès de sentimentalisme et la force de l’innocence. Dans «Paroles et musique », ce qui m’a le plus dérangé est que mon personnage est quelqu’un d’un peu mou, je dirai presque fataliste. Il accepte les choses comme elles viennent, ce qui déjà ne me correspond pas dans la vie… Sinon j’aurais abandonné ce métier de découragement depuis longtemps. Le personnage de Jeremy correspond à l’histoire, là pas de contestation, mais pas à moi. Je crois aussi qu’il m’a manqué d’avoir plus d’échange avec Elie Chouraqui sur le tournage, plus de contact, le personnage aurait alors pu être dix fois supérieur. J’étais furieux la première fois que j’ai vu le film.

Il y a à peine trois ans on vous connaissait à peine, maintenant vous êtes l’un des jeunes acteurs les plus cotés du cinéma français. Comment vit-on le passage de l’ombre au rang de star ?

Normalement, je n’y attache ‘pas trop d’importance. De plus, quand, comme moi, on désire profondément faire ce métier depuis l’âge de 12 ans, on se prépare inconsciemment à l’espoir d’être un jour connu. Je considère que c’est une chance énorme, 95 % de chance. Après, ce qu’il faut, c’est faire du positif avec. Pour le reste, j’ai une nouvelle veste et un nouveau costume…

C’est une angoisse permanente d’être acteur, l’angoisse de devenir connu, puis, une fois que l’on est star, l’angoisse d’y rester…

Oui, tout acteur connaît sans cesse l’angoisse, à différents niveaux. Rien n’est jamais entièrement bien. A mes débuts, lorsque je suis arrivé à Paris, mon angoisse était de trouver du travail. On me demande souvent si j’ai galéré, oui, comme tout jeune acteur, j’ai fait des boulots comme vendeur de fringues pour manger, mais étant d’un naturel optimiste et désirant faire ce métier depuis tout gosse, je m’étais fait à l’idée qu’il serait difficile d’y arriver. J’ai eu beaucoup de chance, j’ai fait mon premier film au bout de trois ans, pour d’autres cela prend dix ans. Tout dépend de la passion et de la détermination, la seule chose motivante est de se dire chaque jour : «je continue, je continue… ». Effectivement, c’est plus dur de se le dire pendant dix ans que pendant deux ans. Puis, quand on commence à vous faire des offres, à vous donner des scénarios à lire ou à vous solliciter, l’angoisse devient différente, mais elle est toujours là.

Entre autres, les doutes sur le talent…

Oui, on en a tout le temps et j’en ai sûrement plus maintenant qu’avant. Ce n’est pas le coût de la production et l’argent qu’on investit sur vos épaules qui crée l’angoisse, mais le rôle à jouer. Le moment où tout va bien c’est entre «action» et «coupez», là on ne pense à rien sinon au personnage. Après on se demande si on a été bon ou mauvais, trop ou trop peu, convaincant ou plat. Et plus on tourne, plus les angoisses se multiplient. Devant une caméra on est seul, presque tout nu, il y a la confiance des autres, du metteur en scène, du public, qu’il ne faut pas trahir. C’est à la limite une angoisse plus destructive que la simple quête du boulot pour manger.

«Highlander» semble être avant tout une œuvre pour le public et Russell Mulcahy un réalisateur qui vise , les entrées…

Oui, et n’est-ce pas là la vraie destinée du cinéma ? Mais il ne faut pas en tirer des conclusions hâtives. Besson, par exemple, a fait «Subway» pour le public, à un tel point qu’il a coupé, de son propre chef, trente minutes du film, des scènes qu’il adorait parce qu’il s’est aperçu qu’elles étaient peut-être trop gratuites pour le public. Russell est pareil, il a des fois envie de se faire plaisir, mais il pense avant tout aux gens dans les salles et il se retient. C’est comme si un type inventait une nouvelle lessive simplement pour sa femme.

On a l’impression, surtout dans «Greystoke», «Subway» et «Highlander», que c’est avant tout votre lyrisme que les metteurs en scène ont utilisé…

Ce n’est vrai qu’en partie, excepté le personnage de Jeremy dans «Paroles et musique», les rôles que j’ai interprétés jusqu’à présent sont des rôles très lyriques. Ce que j’aime dans le lyrisme c’est la touche intemporelle qu’il donne aux personnages, car Greystoke et Mac Leod sont en définitive des personnages très modernes et très proches de Fred de «Subway». Leur point commun : ce sont des hommes, confrontés à des problèmes inhérents à leur condition de vie. Pour Mac Leod, par exemple, perdre sa femme et son honneur en 1536 fait aussi mal qu’en 1985. On est toujours aussi seul devant le malheur, qu’on soit paumé dans les Highlands ou entouré de monde dans le métro. Je crois que c’est simplement dans la vie qu’il y a du lyrisme. Prenez le métro, quand j’ai tourné «Subway», j’avais une impression d’étouffement, je devenais claustrophobe. Regardez le résultat à l’écran : c’est grandiose comme le désert !

Vous êtes, en fait, plus un acteur d’instinct qu’un technicien…

Je pense_ La technique est une bonne chose… qu’il faut oublier très vite. Je suis passé par le Conservatoire, mais je m’en suis vite lassé. Je n’étais pas un élève très assidu car j’ai vite compris qu’acteur on l’est ou non, mais que cela ne s’apprend pas vraiment. De plus, au Conservatoire, au bout de trois mois, vous jouez devant vos copains, et même si vous êtes mauvais, ils applaudissent quand même. Comment voulez-vous sentir ce qui va ou pas ? Se reposer sur la technique est très dangereux, je pense que les choses doivent être ressenties. Quand je parle avec vous, je suis Christophe Lambert. Dans dix minutes je serai Mac Leod, profondément et je réagirai comme tel. Ce dédoublement est important. La technique fait perdre les sensations car elle amène la réflexion. C’est comme ces acteurs qui savent qu’avec tel rictus ou tel sourire, ils sont à leur avantage et les utilisent tout le temps. C’est chiant ! Il ne faut pas jouer là-dessus.

Et Christophe Lambert dans la vie ? Comme ça, tous les jours ?

Oui… Je vis la vie d’un type de 28 ans, j’ai des amis, je sors peu, mais j’aime bien aller chez eux ou les inviter chez moi. A part cela, rien de très extraordinaire. Vous savez, les acteurs ne sont pas différents des autres…

Vous avez des hobbies, des passions ?

Oui, j’adore les jouets et les jeux, j’en ai toute une collection et on m’en offre beaucoup. Pas des jouets de collection, mais des trucs en bois, en plastique, des jouets de bain ou des robots japonais. J’en achète toujours et partout.

Vous lisez ?

Oui, comme tout le monde. Mais c’est la question piège, car en général il faut répondre correct ou chic et donner les titres de bouquins à la mode ou de trucs classiques. Moi, je lis de tout et je n’ai pas besoin de donner des titres pour épater. J’ai des périodes sérieuses, classiques même, comme j’ai des périodes polars ou bandes dessinées. J’aime beaucoup la BD.

Contrairement à un Depardieu, vous vous faites assez rare, vous tournez peu, en général un ou deux films maximum par an. C’est un choix délibéré ?

Je ne suis pas un boulimique, c’est vrai. En cela, j’ai une profonde admiration pour Gérard Depardieu parce que c’est un instinctif total, quelqu’un qui ne triche pas et est capable de faire autant de choses, de sauter de Molière à Corneau avec toujours une telle qualité et une telle grandeur. Il est stupéfiant ! Quand il a mal, il a mal, il ne berne pas le public, c’est sûrement pour cela qu’il est l’acteur le plus exceptionnel de cette génération. C’est un acteur rare, il y en a un de cette race tous les vingt ans.

Vous êtes la relève ?

C’est difficile de le dire, de plus ce n’est pas à moi de le constater. D’abord, je n’ai pas fait le dixième de ce qu’il a fait, ensuite, à partir du moment où l’on pense être bon, c’est foutu. Tourner plus de deux films par an, en étant comme Depardieu toujours aussi bon, relève de la performance. Un film c’est un long travail : «Greystoke» m’a demandé sept mois et «Subway» cinq. Et cela dépend aussi des propositions, il y a des choses difficiles à refuser. C’est pour ça qu’après «Highlander», j’enchaîne avec «Le 3e homme».

Un acteur s’use quand on le voit trop ?

Je pense que oui. A la sortie d’un film, il est normal d’en faire la promo, mais en dehors de ça on doit se faire oublier un peu, ne serait-ce que pour être plus rare, que le public ait envie de nous voir. En France, on a voulu casser la star system, faire descendre les vedettes dans la rue. Ça a dix fois plus de prétention que le système américain qui consiste à laisser à la star son aura, mais qui le moment venu, quand elle décide d’aller à une première, devient totalement accessible aux gens venus la voir. Avec ce système on ne casse pas la part du rêve, la place de l’acteur dans la société. Ce que je dis peut paraître prétentieux, mais c’est le contraire. En ce moment, personne n’y retrouve son dû : l’acteur n’a plus de privauté, il devient totalement un personnage public et le public perd son admiration, la chose indispensable à sa relation avec la star. Ça, les grands acteurs hollywoodiens l’ont très bien compris.

A vous voir travailler avec Russell Mulcahy, on a l’impression que vous êtes une bénédiction pour un metteur en scène. Jamais de problèmes, toujours d’accord pour recommencer des prises, toujours de bonne humeur. Comment abordez-vous vos relations avec vos réalisateurs ?

Les metteurs en scène avec lesquels j’ai travaillé jusqu’à présent ont une chose en commun : la passion et le professionnalisme. A partir de cela, il n’y a aucune raison pour que tout ne marche pas bien. C’est un peu scout ce que je vais dire, mais un film c’est une équipe. Si tout le monde y met du sien, tout va bien. Qu’il soit anglais, américain, australien ou français, l’important est que le metteur en scène donne de la passion à tout le monde, des techniciens aux acteurs. Un réalisateur se doit d’être un rassembleur, d’insuffler un état d’esprit aux deux ou cents personnes qui travaillent avec lui. Cela dit, ils ont tous leurs qualités propres, leur caractère et la discussion n’est jamais absente. Prenez Hugh Hudson ou Luc Besson, ils ont une chose en commun, ce sont deux voyeurs, ils savent exactement quand une scène est bonne ou mauvaise dans un contexte narratif bien précis, sur la base d’un scénario bien préparé. Chouraqui est quelqu’un qui se fie plus à son «senti» et qui est plus loin de ses interprètes que Hudson ou Besson. Le contact avec Elie Chouraqui est plus difficile et j’aurais aimé plus de discussions sur le tournage de «Paroles et musique», cela aurait peut-être modifié en bien mon personnage. Je parle professionnellement, car amicalement, Elie est quelqu’un d’adorable. Russell fait une chose étonnante : il tourne très vite. Ce doit être l’expérience du vidéoclip. Il tourne en un jour ce qu’un autre metteur en scène ferait en deux ou trois. De plus, il tourne beaucoup, ne laisse rien au hasard, utilise des tas d’angles, des gros plans, plans moyens et plans d’ensemble de la même scène pour avoir beaucoup de matériel au montage. Et là, il va réellement construire son film. Il aura tout et pourra faire exactement ce qu’il veut. Hudson aussi est un peu comme ça. Besson est un minutieux. Sur «Subway», comme nous n’avions pas l’enveloppe suffisante pour refaire certaines scènes dont il n’était pas tout à fait content, il s’est endetté lui-même pour pouvoir peaufiner son film…

Votre définition du mot acteur ?

C’est, je crois, Depardieu qui a dit la chose la plus juste sur l’acteur : «Acteur c’est être»… Alors, je suis.

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Magazine d’architecture

0 J août 2014 0 commentaires

Connaissez-vous le Métope ? Sous ce nom étrange se cache tout simplement une «vidéo-revue» internationale d’architecture et de design. C’est une série de quatre programmes dont les deux premiers sont déjà disponibles. Les deux suivants sortiront d’ici la fin de l’année. Au sommaire de chaque cassette : Un architecte – un projet, un entretien, des visites de chantiers, des vues de maquettes. Un architecte -une réalisation, le regard d’un plasticien ou d’un cinéaste sur une construction achevée, et des nouvelles brèves sur l’actualité de l’architecture et du design. Le coffret de quatre cassettes d’une heure chacune est vendu 1 356 F. TTC. Métope, 352 rue Saint-honoré 75001 Paris. Tél. : 261.80.85.

douaneAugmentation des droits de douane

Le 25 juillet dernier, les ministres de l’Industrie des dix pays de la CEE ont décidé une augmentation des droits de douane européens sur les magnétoscopes, coréens en particulier. Les droits passeraient de 8 à 14 % mais en échange de cette augmentation la CEE ne demandera pas la reconduction de l’accord d’auto limitation conclu avec le Japon sur la livraison de magnétoscopes. La Communauté Européenne doit ramener à un niveau proche de 0 les droits de douane sur une série de produits tels que les radiocassettes, les bandes magnétiques ou les appareils photos.

Vaucluse : t’as le look vidéo

Quatre vauclusiens viennent de créer «Look vidéo magazine» une vidéocassette d’information sur les activités culturelles, sociales et sportives de leur région. Sponsorisé par des annonceurs locaux, ce magazine bimensuel dure 35 minutes, est gratuit et disponible dans tous les vidéoclubs du Vaucluse.

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Hors série PPO/Brandt

0 J août 2014 0 commentaires

Chaque année, nous publions le fameux guide PPO/Brandt, ouvrage de référence qui recense tous les films sortis en vidéocassettes. Nous avons choisi cette rentrée, qui s’annonce fructueuse (voir la série d’excellents programmes dans notre sélection K7) et le Salon de la Vidéo pour frapper encore plus fort. Nous lançons un numéro hors-série, avec un dos carré et une couverture pelliculée, dont le sommaire laisse rêveur. Qu’on en juge : autour d’un corpus qui ne regroupe pas moins de 1 500 films soigneusement sélectionnés par les critiques de la rédaction, ce numéro propose aussi une grande enquête sur la vidéo en Europe, un dossier sur le droit de suite des comédiens, un dossier sur les standards TV de demain ainsi qu’un panorama des cassettes vierges disponibles sur le marché français. Mais entrons dans le détail. La sélection des 1 500 films que nous vous proposons constitue réellement le «must» de ce qui est sorti, de l’origine de la vidéo jusqu’à aujourd’hui. Pour chacun de ces films, on trouve un générique complet, un résumé de l’histoire, une critique et une cote PPO. Dans ce corpus, on trouve également un classement par éditeurs, un classement des films disponibles en version originale sous-titrée et les films codés en son stéréophonique (hélas encore peu nombreux). Outre ce guide très complet, ce hors-série vous propose 60 pages de magazine sur des sujets exclusifs ou et d’actualité. La part du lion est occupée par une grande enquête sur la vidéo en Europe. Unique en son genre en France, cette enquête a nécessité la collaboration des 7 journaux vidéo les plus importants sur le marché européen. Nous avons bien sûr retenu les pays où il existe une véritable industrie de la vidéo, délaissant (pour un temps, nous l’espérons) les «petites» nations. Autre morceau de choix, un dossier sur le droit de suite des comédiens. A l’heure où les plus grands producteurs français, comme Christian Fechner ou Alain Sarde font des déclarations tonitruantes, cet article fait judicieusement le point sur un sujet au centre de l’actualité audiovisuelle. Autres festivités, les standards qui feront la télévision de demain avec l’arrivée des satellites et le développement du câblé, un panorama complet des K7 vierges actuellement sur le marché avec leurs spécificités techniques, et une enquête sur l’avenir de la hifi et de la stéréo tant en ce qui concerne le matériel que les programmes. Après cette partie où se mêlent harmonieusement les différents aspects techniques et économiques de notre média, nous ne pouvions manquer d’évoquer le cinéma, centre névralgique de PPO. Pour ce faire, nous vous proposons une série d’ouvrages sur le cinéma et la vidéo et, en point d’orgue, une galerie de portraits sur les champions du box-office de la cassette : Clint Eastwood, Roger Moore, Jean-Paul Belmondo, Isabelle Adjani, Faye Dunaway, etc. Vendu 30 F dans tous les kiosques, ce luxueux hors-série se doit d’être en bonne place dans votre collection de PPO. Vous aurez plaisir à le compulser régulièrement pour vérifier telle ou telle information concernant votre loisir préféré. Et bonne rentrée à tous…

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Le pape de Greenwich village

0 J juillet 2014 0 commentaires

Le pape de Greenwich villagePrésenté au Festival de Deauville 1984 sous son titre original («Village dreams»), ce film de Stuart Rosenberg est sorti en coup de vent sur nos écrans, faute d’un lancement publicitaire convenable. C’est dire qu’il est intéressant de le découvrir aujourd’hui si on l’a manqué en janvier dernier. L’action est située à Greenwich Village, le quartier artiste-bohème de New York City. Charlie et Paulie, qui sont vaguement cousins, travaillent dans le même restaurant Charlie comme maître d’hôtel, et Paulie comme serveur. Les malversations de celui-ci, irresponsable tête brûlée, conduisent le patron à les renvoyer tous les deux. Si bien que Charlie n’a plus le choix quand son douteux acolyte lui propose un «coup» : s’emparer d’un confortable magot. Paulie oublie simplement d’avertir son partenaire que l’argent appartient à un redoutable mafioso local. Voilà notre duo traqué par des tueurs sans merci, et par des flics véreux qui convoitent eux aussi les billets verts… Rosenberg (l’auteur de « Luke la main froide» avec Paul Newman) a du savoir-faire à revendre. Il a ficelé adroitement cette excellente série B : policier sur fond de documentaire, description du quartier et de ses mœurs (la visite inopinée des flics chez une terrible douairière jouée par Géraldine Page). On y retrouve avec plaisir Mickey Rourke, la révélation de «Rusty James», et l’impressionnante Darryl Hannah, qui fut l’androïde de «Blade runner», la sirène de «Splash» et la lycéenne de «Reckless». Une fille à suivre…

Sueurs froides

Sueurs froides«Sueurs froides» (Vertigo) fait partie de cette poignée de films en technicolor, distribués par Universal et invisibles depuis plus d’une décennie : «La corde», «Fenêtre sur cour» (qui sont déjà aussi en vidéo), «Mais qui a tué Harry ?» etc. «Sueurs froides» est, peut-être le plus célèbre du lot, mais pas le meilleur… Bien sûr, il y a la fantastique musique de Bernard Herrmann, les scènes de vertige et la double composition de Kim Novak en blonde et en brune. Mais il y a surtout cette longue histoire d’amour parallèle et inversée qui est la structure même du film et du livre des Français Boileau et Narcejak, «D’entre les morts», dont Hitchcock s’inspire. Scottie Ferguson est radié de la police parce que, sujet au vertige, il a été la cause indirecte de la mort d’un autre policier lors d’une course poursuite sur les toits. Pour survivre, il accepte de surveiller une jeune femme névrosée et suicidaire dont il s’éprend jusqu’au jour où elle monte à un clocher et se jette dans le vide. Scottie ne s’en remet pas. Beaucoup plus tard, il rencontre une autre jeune femme, étrangement semblable à sa cliente. Fasciné par elle, il va lentement la métamorphoser pour ressembler à la morte et l’entraîner sur le clocher fatidique… où il vaincra son vertige et découvrira la vérité. Moins construit comme les autres habituelles machines à rebondissements et coups de théâtre hitchcockiens, «Sueurs froides» est d’abord un mélodrame d’amour fou qui cache un mystère. La place faite aux acteurs est plus belle et la double fascination amoureuse Stewart-Novak puis Novak-Stewart offre aux deux comédiens des morceaux de bravoure rêvés pour exprimer toute une gamme d’émotions violentes et tendres.

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Le Boucher De Notting Hill

0 J juin 2014 0 commentaires

Le Boucher De Notting Hill Sélectionné au récent Festival du film policier de Cognac, ce thriller angoissant joue a la fois sur l’horreur et le suspense, le sanglant et l’enquête. Pourquoi cette jolie journaliste reçoit-elle des coups de téléphone, des enregistrements audio et vidéo d’un tueur fou qui massacre ses victimes pour le plaisir ? Un homme est en prison, •un retarde anonymement dénoncé et condamné pour des crimes qu’il n’a pas commis. Cela, c’est le vrai meurtrier qui le dit à la jeune journaliste. Une manière de l’accrocher à une piste, comme un poisson à un hameçon ! Sur un sujet qui n’évite pas les complaisances, le réalisateur « du Boucher de Notting Hill » réussit un palpitant suspense psychologique. La jeune journaliste, apparemment très sûre d’elle, croit mener l’enquête pour prouver une innocence. Mais en fait, elle subit une manipulation dont elle est la première victime. Car au fur et à mesure que Susan s’approche du tueur, elle s’enfonce dans le cauchemar… jusqu’à y tenir un rôle ! Un film qui tient en haleine.

Tango et cash

Tango et cashAttention choc de muscles. Stallone (Rocky/Rambo) et Kurt Russell (les films de Carpenter, notamment New York 1997 » et Jack Burton dans les griffes du Mandarin ») pratiquent assidûment la gonflette. Et, dans une scène d’affrontement de « Tango et Cash » ils n’hésitent pas à s’afficher en débardeur, sous une pluie battante (ça colle mieux et ça souligne plus sensuellement les formes !), bandant avec conviction LEURS biceps et serrant les mâchoires avec puissance. Ouf! On l’a compris : le spectacle est physique. Et lorsque ces deux superflics de Los Angeles, aux méthodes pas orthodoxes du tout, passent à l’action, ça explose dur. La rivalité entre les deux personnages (chacun se croit le meilleur policier du coin) est assez réjouissante. Koncha lovsky a construit son film sur deux personnages absolument pas faits pour se rencontrer. L’un se veut une vraie gravure de mode, s’habille chez les plus grands couturiers, joue en bourse et conduit une luxueuse Cadillac.

L’autre habite un horrible taudis, change de jeans une fois par an, ne connait pas le mot coiffeur et se veut punk à mort. Chacun de leur côté, Tango et Cash ont nettoyé la ville de ses loubards, truands et autres délinquants. Mais les deux hommes ne se connaissent pas. Un ennemi commun, bien décidé a les neutraliser bus deux, va les rapprocher. Ce nouveau couple de flics a au moins deux abus : la personnalité de ses deux interprètes et le budget important du film qui permet des scènes d’action particulièrement spectaculaires.

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