Mais qui a tué Harry ?

0 J mai 2015 0 commentaires

Mais qui a tué HarryLes feuilles dorées de cette forêt du Vermont forment une symphonie en jaune orangé aussi plaisante à l’œil que l’allègre ritournelle de Bernard Herrmann est agréable à l’oreille. Ce tableau automnal est idyllique, on nage dans cette euphorie jusqu’à ce qu’un petit garçon fasse une étonnante découverte : dans l’herbe, une magnifique paire de chaussettes rouges. Ce sont les pieds d’Harry qui est paisiblement allongé au bas d’un arbre, car il est mort. Le garçonnet avertit sa mère, qui reconnaît en Harry son ex-mari. Elle se croit coupable de sa mort. Des promeneurs traversent la forêt et tous sont persuadés d’avoir tué Harry. Le cadavre change de cachette à chaque nouvel arrivant, le tout dans la bonne humeur : on continue de converser avec décontraction, sans se soucier du mystère criminel. On enterre Harry, on le déterre, jusqu’à la révélation finale. Qui a tué Harry ? Quelle importance ! L’essentiel c’est l’humour d’Hitchcock qui traite en délicieuse comédie un sujet policier où le meurt-e n’est évidemment qu’un prétexte. Le gag final est que le film fut un échec commercial aux USA et un triomphe en France, à sa sortie !

Clint Eastwood, Marianne KochPour une poignée de dollars

San Miguel, une petite ville située entre le Mexique et les États-Unis. Deux clans s’y affrontent, les Baxter et les Rodos. Joe, c’est-à-dire Clint Eastwood (Waouhhh !) est un jeune pistolero aventurier qui se sandwiche entre les deux clans pour arbitrer, d’une part, et faire des affaires, d’autre part. Au fil des règlements de comptes qui se font à chaque fois plus sanglants et meurtriers, le clan des Baxter sera décimé… ainsi que le clan des Rodos. Ramon, le dernier des Rodos, va, dans une scène mémorable, essayer d’éliminer, Soe. Ramon est d’un côté, Joe de l’autre. Ramon tire sur Joe désarmé : eh ! Joe tu vas mourir bientôt… le tout accompagné des grincements efficaces d’Ennio Morricone. Mais Joe est protégé par une feuille d’acier inoxydable qui lui sert de cuirasse. Heureusement que Ramon visait la cuirasse et pas la tête. Bref, Joe trouve une arme et les deux bougres s’affrontent dans un duel un peu plus loyal. Grand moment du western nouvelle vague, remarquable autant par le scénario (quand le western rejoint la tragédie grecque) que dans l’interprétation spectaculaire des Clint Eastwood et consorts3

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Deadly game

0 J avril 2015 0 commentaires

Deadly gameFait divers dans la haute. Une femme, soupçonnée d’avoir tué son premier mari au cours d’une partie de chasse avec des amis charmants, est acquittée, faute de preuves. On ne va pas quand même pas se mettre à accuser les gens de meurtre chaque fois qu’ils prennent leurs invités de chasse pour des lapins de garenne. Bref, la dame est acquittée et elle se remarie avec un diplomate allemand très comme il faut, et l’affaire semble classée. C’est alors que réapparaît l’unique témoin de l’accident. La jeune femme a une aventure avec lui et s’empresse d’aller la raconter à son mari jaloux.

Adieu blaireau

Adieu blaireauQu’est ce qu’un blaireau ? Celui qui n’est dans le coup, qui est dépassé par les événements, accablé par la vie… C’est le cas du personnage joué ici par Philippe Léotard. La quarantaine largement franchie, il n’est arrivé à rien. Il vivait avec une jeune fille qui l’a poussé à devenir comédien au théâtre, mais la belle enfant à mis fin, définitivement, à cette liaison. En outre, il vient de perdre une grosse somme au jeu, et il en est tombé dans les griffes du milieu. Les truands, à qui il doit de l’argent, acceptent de passer l’éponge s’il travaille pour eux : c’est l’engrenage. Un seul répit pour notre blaireau : la rencontre d’une femme blessée comme lui, marquée par la vie comme lui. C’est Annie Girardot, toujours émouvante. C’est pour elle aussi que Bob Decout a réalisé ce film, non sans adresse pour un coup d’essai. Son travail a des qualités visuelles, il a su créer l’atmosphère urbaine, nocturne, souvent pluvieuse, qui convient au drame policier. Certaines scènes, comme ce final dans le théâtre désert, sont très réussies. Léotard et Girardot sont égaux à eux-mêmes. Quant à Juliette Binoche, avant l’éclatante confirmation du Festival de Cannes et du «Rendez-vous» de Téchiné, elle achevait ses premières armes dans le rôle (trop court) de la maîtresse de Léotard. Elle y a une intensité et une présence qu’on n’oublie pas.

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Maria’s lovers

0 J avril 2015 0 commentaires

Maria's loversUn peu comme pour le «Paris Texas» de l’Allemand Wim Wenders, ce qui étonne dans le «Maria’s loyers» du Russe (émigré en France puis aux États-Unis) André’ Konchalovsky… c’est le regard, à la fois lucide et fasciné, qu’il porte sur les paysages américains et leurs habitants. La petite ville de Pennsylvanie, en 1945, où évolue Maria est à la fois séduisante et authentique, dépaysant et quotidienne. Les maisons de bois, les intérieurs, les champs de blé, le bal… tout semble participer à l’atmosphère de ce doux et nostalgique mélodrame. Maria est la plus belle fille du coin. On la sait gentille, on la sent fragile. Les hommes tournent autour d’elle et elle trouve une évidente sensualité à jouer avec eux. Quatre hommes principalement comptent dans sa vie. Celui qu’elle épouse Ivan (interprété par John Savage), à son retour d’un camp de prisonniers. Pour lui, elle est le rêve, la dernière planche de salut pour revenir parmi les vivants, loin de la guerre et des rats. Il y a aussi le père d’Ivan, figure d’autorité avec lequel elle entretient des rapports ambigus de désirs avortés et de confiance aveugle. Cette barbe blanche et ce visage buriné, c’est Robert Mitchum. Et puis il y a le fringant officier (incarné par Vincent Spano), couvert de décorations et de demoiselles. Et puis il y a enfin, ce coucou chanteur, superbement interprété par Keith Carradine, qui roucoule pour mieux faire son nid chez les autres, le temps d’une chanson. Entre ces quatre hommes. Maria va vivre, sourire, se révolter, aimer, se sacrifier… Konchalovsky raconte à fleur de peau et possède un art extraordinaire de faire donner à ses acteurs autre chose… tout en restant sur le mode mineur. «Maria’s loyers» est un film sublime, insupportable et tendre. Et la cassette vidéo facilite la chose !

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Le joujou

0 J mars 2015 0 commentaires

Le joujouJack Brown, journaliste noir au chômage, postule un emploi au journal de M. Bates. Il accepterait même un poste de femme de ménage à mi-temps. Le chef du personnel refusant sa candidature, il menace de le poursuivre pour racisme. Voici donc Jack, déguisé en serveuse, qui sème la perturbation pendant une réception chez le milliardaire. Renvoyé au ménage d’un grand magasin, il y est victime d’une extraordinaire mésaventure le fils de Bates, un garnement capricieux, qeli est venu choisir un jouet inédit, exige d’emmener Jack Brown avec lui… Pour ceux qui ont déjà entendu cette histoire, signalons que c’est le scénario du «Jouet» de Francis Veber avec Pierre Richard. Les Américains en ont tourné un remake, où l’inénarrable Richard Pryor reprend le rôle de notre gesticuleur national. Même si on reconnaît au fantaisiste noir une vitalité communicative, il faut avouer que l’histoire est ici schématisée, que les effets comiques sont grossis, de même que les passages «humanistes», transformés en sermons moralisateurs complètement imbuvables. Sévérité excessive ? Il faut hélas constater que, lorsqu’Hollywood se mêle de tourner à sa façon des films européens, le résultat n’est guère convaincant. La Columbia a d’ailleurs renoncé à sortir « Le joujou » sur les écrans, le voici donc en cassette. On peut s’en passer !

Le mystère SilkwoodLe mystère Silkwood

Karen Silkwood est morte au volant de sa voiture, à 26 ans, le 13 novembre 1974. Accident ou crime déguisé ? Le fait est que Karen, ouvrière dans une usine de traitement nucléaire, avait rendez-vous avec un journaliste pour lui apporter les preuves de manques aux règles de sécurité et de malversations qu’elle avait pu remarquer sur son lieu de travail… Plus que de résoudre l’énigme ou de brosser le portrait d’une militante, c’est l’itinéraire de la femme qui intéresse le cinéaste Mike Nichols. Karen vit avec deux amis (interprétés par Cher et Kurt Russell) dans une sorte de bohème inconsciente jusqu’au jour où un de ses collègues est contaminé. De la prise de conscience du danger et des protections insuffisantes à l’engagement militant, il n’y a qu’un pas. Karen Silkwood a un combat à mener et elle ira jusqu’au bout, même si, par peur du chômage, ses collègues s’éloignent d’elle et même si la contamination radioactive dont elle est victime ressemble fort à une intention de nuire. Meryl Streep est une extraordinaire comédienne, mais elle abuse quelquefois de ses petits rires nerveux au bord des larmes, bien dramatiques et bien Actor’sstudio… Ici, ayant un personnage à habiter, elle est parfaite. Elle est la révolte, elle est la médiocrité de son quotidien, mais elle est aussi le cri de terreur et de douleur qu’elle pousse quand elle se sait contaminée. On a mal pour elle lorsqu’on lui arrache quasiment la peau avec une brosse pour la laver de toutes traces radioactives ! La meilleure preuve que Meryl Streep (merveilleusement entourée de Cher et de Kurt Russell) réussit à nous convaincre… C’est que l’on est pris d’angoisse lorsque les phares d’un camion aveuglent Karen Silkwood dans le rétroviseur, juste avant l’accident… La gorge vous serre, alors que, comme pour la vie du Christ, on connaît déjà la fin de l’histoire !

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To be or not to be

0 J mars 2015 0 commentaires

To be or not to be«To be or not to be…» et un bel aviateur quitte la salle. Le mari commence sa longue tirade et le fringant militaire va rejoindre l’épouse de l’acteur dans sa loge… La scène ponctue le film d’Alan Johnson, comme elle ponctuait celui d’Ernest Lubitch. Bien que Mel Brooks soit —officiellement — absent de l’écriture et de la réalisation de ce fidèle remake, on sent la « patte » de Mel Brooks partout. Il y a son goût pour l’outrance et sa «culture» comique, notamment dans les innovations comme la présence de réfugiés juifs dans le théâtre, ou l’habilleur homosexuel. Mel Brooks accentue aussi le côté numéros musicaux et offre à son épouse quelques jolis morceaux à se mettre sous la dent. Il se donne lui-même un rôle à déguisements comme il les aime et s’amuse à ridiculiser, une nouvelle fois après «Les producteurs», l’uniforme nazi…. Mais, s’il a ses souffre-douleur attitrés, Mel Brooks ne s’épargne pas lui-même. Il adore cabotiner et en faire des tonnes. La manière dont il présente son personnage de grande figure du théâtre polonais, dont il jalouse sa covedette d’épouse et dont il entre dans une rage folle lorsqu’un spectateur se lève au milieu de son monologue d’«Hamlet»… est un délice d’humour presque basé sur l’autodérision. Un rien rétro et un rien clownesque, ce «To be or not to be» est une savoureuse comédie rondement menée. Avec la complicité de Mel Brooks et Anne Bancroft (qu’on avait trop tendance à limiter au registre dramatique) en prime.

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Flush

0 J février 2015 0 commentaires

Les petits écrans ne sont pas surchargés de bons films comiques, aussi peut-on saluer l’initiative de Victory, qui, en distribuant «Flush», risque fort de mettre à la mode en France ce genre particulier de comédie américaine qu’est le «road movie». Dans le «road movie», il y a toute la folie dont sont capables les réalisateurs d’outre-Atlantique : personnages farfelus hors du commun, situations invraisemblables, courses et cascades de voitures en série. Dans ce domaine, «Flush» est un produit type, dont l’humour n’est certes pas taillé dans la dentelle, mais qui provoque d’irrésistibles éclats de rire. L’histoire, en effet, n’est pas triste peu avant sa mort, le milliardaire William Randolph Hughes, qui a toujours aimé les bonnes blagues, cache dans divers endroits des USA six coffrets, contenant chacun un élément qui permettra d’accéder à sa fortune. Vingt ans plus tard, la fosse d’aisance d’une station-service explose, et lorsque l’homme envoyé par la compagnie de nettoyage entreprend de réparer les dégâts, il découvre l’un des coffrets. Le contenu est étonnant une bouteille de gin, une pièce d’or, et aussi une indication sur l’endroit où est caché le magot. Bien entendu, il se lance aussitôt à la recherche du trésor. Mais comme il a tendance à demander un peu trop souvent son chemin à des inconnus, tout le monde veut une part du gâteau. Alors commence une course à la fortune où tous les coups sont permis, et où personne n’hésite à violer la loi ou à tendre des pièges aux concurrents ce qui compte, c’est de toucher au but le premier. Comme l’annonce le slogan choisi par Victory, c’est bien «la poursuite la plus bordélique de l’histoire du cinéma» !

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Le pactole

0 J février 2015 0 commentaires

Le pactolePour expliquer son film, suprêmement amoral, Jean-Pierre Mocky déclare que les gens travaillent pour avoir une retraite honorable et, lorsqu’ils y arrivent, meurent d’un arrêt cardiaque ! II faut juste espérer qu’il ne préconise pas, comme remède à cette retraite qui vous arrive trop tardivement, l’attaque d’un supermarché et le vol de la caisse… A partir de ce hold-up «pour mieux vivre», Mocky organise tout un enchevêtrement de personnages qui n’ont de cesse que de récupérer l’argent pour eux : le flic (Patrick Sébastien) et sa nympho de femme (Marie Laforêt) mais aussi le gérant du supermarché (Roland Blanche). Le fric, le magot, l’oseille… euh pardon le pactole, c’est Bohringer et Lafont qui l’ont et le gardent. Lui est démineur et risque sa vie tous les jours en désamorçant des bombes. Elle s’ennuie derrière son bureau d’employée d’assurances. Dès qu’ils auront semé les «jaloux», ils pourront profiter de la vie… Le petit monde de Mocky est toujours aussi incroyable et drôle. Mais il est devenu, ici, plus contemporain et plus tendre. Comme si Mocky assumait parfaitement les aspirations immorales de ses personnages. A part Sébastien, plus à l’aise en imitation qu’en composition de personnages, les autres comédiens de Mocky sont savoureusement délirants. Il faut voir «la» Laforêt, ses robes échancrées et ses boas de plumes, en train d’aguicher le monde entier et d’agresser son «minable» de mari. Il faut aussi voir le boutonneux Roland Blanche grattant tour à tour ses pustules et son caniche blanc. Il faut voir la sexy Pauline Lafont surprenante dans un personnage qui est presque un contre-emploi. Chaque nouveau film de Mocky apporte son comptant de surprises. Ici, en plus, le film est une vraie réussite.

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Top secret!

0 J janvier 2015 0 commentaires

Top secret!On leur doit « American film sandwich », réalisé par John Lan-dis, et surtout « Y-a-t-il un pilote dans l’avion ? ». Les «Z.A.Z.» (c’est plus court que de donner leurs trois noms) n’engendrent pas la mélancolie. Avec «Top secret», ils ont décidé de tirer à boulets comiques sur le thriller d’espionnage. Du coup, ils mélangent allègrement l’autre côté du mur de Berlin et l’Allemagne nazie. Mais ils n’en sont pas à un télescopage temporel prêt. L’important, c’est le gag ! Dans chaque séquence, il y a (ce que pompeusement nous appellerons) le «récit principal» et il y a le reste. Tout ce qui entoure et devient occasion de rire… Si on a le temps de le percevoir. Alors vive l’arrêt sur image du magnétoscope ! Prenez une scène de taverne, avec héros discutant au centre. Rien ne paraît plus classique. Pourtant, l’écran regorge de trouvailles et de détails loufoques. Quand on sait que les «Z.A.Z.» refusent de faire tenir leur film en place et sont toujours en train de chercher autre chose… on imagine le résultat sur une heure et demie ! Comme leur précédent «Y-a-t-il un pilote dans l’avion ?» «Top secret» joue beaucoup avec le visuel (leur comique est donc référence aux grands classiques et grands succès cinématographiques, mais toujours aussi internationalement accessible). Exemple : le jeune chanteur de rock américain, venu en concert à Berlin-Est et entraîné dans le sauvetage d’un savant inventeur de l’arme absolue, rencontre des résistants français du nom de Du Quoi, Déjà Vu, Latrines, Albert Patate et Mousse au Chocolat (en américain dans le texte). Bien sûr, tous portent béret… De toute façon, «Top secret», parodie des films de guerre 39-45, des thrillers avec agents secrets, des films d’Elvis Presley, du «Lagon bleu» et de beaucoup d’autres choses, est irracontable Il faut le voir pour le croire. Et, même si l’ensemble est inégal, on s’y amuse souvent.

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L’aigle des mers

0 J janvier 2015 0 commentaires

L'aigle des mersEn 1585, un conflit entre l’Espagneet l’Angleterre est imminent. Le roi Philippe II ordonne la construction d’une Armada et envoie Don Alvarez de Cordoba à Londres en qualité d’ambassadeur chargé d’endormir, les soupçons d’Elizabeth quant aux véritables intentions des Espagnols. Fresque historique riche en événements avec Errol Flynn, qui débarque avec son vaisseau corsaire «L’Albatros» au service de la reine Elizabeth. Le duel Thorpe/Cordoba vaut toutes les corridas et courses de lévriers du monde, d’autant que Thorpe est tombé raide dingue amoureux de Maria, la nièce de Cordoba. Une romance à la Montaigu-Capulet (cf «Roméo et Juliette») sauf le poison et qui se terminera bien, la belle ayant choisi son camp. Un grand chef-d’œuvre des aventures maritimes. Le corsaire de la reine (Errol Flynn) amoureux et combatif est complètement renversant.

Pavillons lointains

Pavillons lointainsTiré du best-seller de M.M. Kayne, «Pavillons lointains» retrace l’histoire d’Ash, petit orphelin anglais, qui a passé son enfance aux Indes, suivi des études en Angleterre, revient aux Indes en tant qu’officier du corps des guides de l’armée anglaise. Pour lui, l’aventure commence guerres, passions, trahisons, morts et amours vont jalonner son expérience périlleuse et exaltante. De l’amour, de l’action, un grand film d’aventures au charme colonial avec la fausse Indienne de service qui pourrait facilement jouer les Shéhérazade dans le 101e remake des «Mille et une nuits», des éléphants en carton-pâte, des maharajahs passés au brou de noix, des maharanis en plastique mou et des très beaux paysages. Pas de mauvais esprit, «Pavillons lointains» est une réussite cinématographique, dans la lignée des «Lawrence d’Arabie» ou de «La route des Indes». C’est plus qu’un divertissement, c’est un grand film d’aventures.

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L’empereur du nord

0 J décembre 2014 0 commentaires

L'empereur du nordAux États-Unis, en 1933, c’est-à-dire à l’époque de la grande dépression économique, et au moment où des milliers de chômeurs cherchent une raison de vivre et fuient le Nord et la misère. La fuite, ils la trouvent dans les trains de marchandises auxquels ils s’accrochent clandestinement. Le chef des parias, c’est l’Empereur du Nord (Lee Marvin). Un autre paria (Ernest Borgnine), aidé par un jeune apprenti gangster, vulnérable et illuminé (Keith Carradine), veut supplanter L’Empereur du Nord. Les différentes phases de ces rivalités violentes se déroulent le long des voies ferrées avec poursuites infernales sur le toit des wagons et entre les roues. Climat de violence porté à son paroxysme pour le peuple de l’abîme, comme l’appellerait Jack London, et qui n’a plus rien à perdre. Au fond, il n’y a que la mort qui gagne. «L’Empereur du Nord», ou comment une société capitaliste en déclin peut faire d’hommes civilisés, des loups qui vivent en meute et chassent les dominés…

Dresse pour tuerDresse pour tuer

Le film de Samuel Fuller est dédié à Romain Gary, par amitié autant que parce qu’il est l’adaptation de son roman «Chien blanc». Le chien-loup blanc que soigne et recueille une jeune actrice de Los Angeles, a été dressé pour égorger les gens de couleur. Il fugue et revient couvert de sang. Sa nouvelle propriétaire décide de le confier à des spécialistes pour lui faire oublier ses instincts meurtriers. Mais l’un des dresseurs est noir. S’engage alors, entre dresseur et chien, un combat de volonté dont l’homme veut faire une victoire sur le racisme. Ces scènes d’affrontements et de rapports de forces sont les plus passionnantes. Utilisant à chaque fois plusieurs animaux dressés d’apparence très semblable, Samuel Fuller construit ses scènes avec une étonnante efficacité. Il ne retrouve pas tout à fait la même intensité dans les scènes où la jeune actrice est confrontée à son chien. Pourtant Krysti McNichols est non seulement très mignonne mais elle prouve qu’elle a un authentique tempérament de comédienne. «Dressé pour tuer», dernier film américain de Samuel Fuller avant le catastrophique «Les voleurs de la nuit», montre que le cinéaste est toujours le même baroudeur de l’image. Film violent et émouvant, «Dressé pour tuer» délaisse l’allégorie signifiante imaginée par Romain Gary au profit de l’action pure, du coup de poing émotionnel.

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