Flush

0 J février 2015 0 commentaires

Les petits écrans ne sont pas surchargés de bons films comiques, aussi peut-on saluer l’initiative de Victory, qui, en distribuant «Flush», risque fort de mettre à la mode en France ce genre particulier de comédie américaine qu’est le «road movie». Dans le «road movie», il y a toute la folie dont sont capables les réalisateurs d’outre-Atlantique : personnages farfelus hors du commun, situations invraisemblables, courses et cascades de voitures en série. Dans ce domaine, «Flush» est un produit type, dont l’humour n’est certes pas taillé dans la dentelle, mais qui provoque d’irrésistibles éclats de rire. L’histoire, en effet, n’est pas triste peu avant sa mort, le milliardaire William Randolph Hughes, qui a toujours aimé les bonnes blagues, cache dans divers endroits des USA six coffrets, contenant chacun un élément qui permettra d’accéder à sa fortune. Vingt ans plus tard, la fosse d’aisance d’une station-service explose, et lorsque l’homme envoyé par la compagnie de nettoyage entreprend de réparer les dégâts, il découvre l’un des coffrets. Le contenu est étonnant une bouteille de gin, une pièce d’or, et aussi une indication sur l’endroit où est caché le magot. Bien entendu, il se lance aussitôt à la recherche du trésor. Mais comme il a tendance à demander un peu trop souvent son chemin à des inconnus, tout le monde veut une part du gâteau. Alors commence une course à la fortune où tous les coups sont permis, et où personne n’hésite à violer la loi ou à tendre des pièges aux concurrents ce qui compte, c’est de toucher au but le premier. Comme l’annonce le slogan choisi par Victory, c’est bien «la poursuite la plus bordélique de l’histoire du cinéma» !

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Le pactole

0 J février 2015 0 commentaires

Le pactolePour expliquer son film, suprêmement amoral, Jean-Pierre Mocky déclare que les gens travaillent pour avoir une retraite honorable et, lorsqu’ils y arrivent, meurent d’un arrêt cardiaque ! II faut juste espérer qu’il ne préconise pas, comme remède à cette retraite qui vous arrive trop tardivement, l’attaque d’un supermarché et le vol de la caisse… A partir de ce hold-up «pour mieux vivre», Mocky organise tout un enchevêtrement de personnages qui n’ont de cesse que de récupérer l’argent pour eux : le flic (Patrick Sébastien) et sa nympho de femme (Marie Laforêt) mais aussi le gérant du supermarché (Roland Blanche). Le fric, le magot, l’oseille… euh pardon le pactole, c’est Bohringer et Lafont qui l’ont et le gardent. Lui est démineur et risque sa vie tous les jours en désamorçant des bombes. Elle s’ennuie derrière son bureau d’employée d’assurances. Dès qu’ils auront semé les «jaloux», ils pourront profiter de la vie… Le petit monde de Mocky est toujours aussi incroyable et drôle. Mais il est devenu, ici, plus contemporain et plus tendre. Comme si Mocky assumait parfaitement les aspirations immorales de ses personnages. A part Sébastien, plus à l’aise en imitation qu’en composition de personnages, les autres comédiens de Mocky sont savoureusement délirants. Il faut voir «la» Laforêt, ses robes échancrées et ses boas de plumes, en train d’aguicher le monde entier et d’agresser son «minable» de mari. Il faut aussi voir le boutonneux Roland Blanche grattant tour à tour ses pustules et son caniche blanc. Il faut voir la sexy Pauline Lafont surprenante dans un personnage qui est presque un contre-emploi. Chaque nouveau film de Mocky apporte son comptant de surprises. Ici, en plus, le film est une vraie réussite.

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Top secret!

0 J janvier 2015 0 commentaires

Top secret!On leur doit « American film sandwich », réalisé par John Lan-dis, et surtout « Y-a-t-il un pilote dans l’avion ? ». Les «Z.A.Z.» (c’est plus court que de donner leurs trois noms) n’engendrent pas la mélancolie. Avec «Top secret», ils ont décidé de tirer à boulets comiques sur le thriller d’espionnage. Du coup, ils mélangent allègrement l’autre côté du mur de Berlin et l’Allemagne nazie. Mais ils n’en sont pas à un télescopage temporel prêt. L’important, c’est le gag ! Dans chaque séquence, il y a (ce que pompeusement nous appellerons) le «récit principal» et il y a le reste. Tout ce qui entoure et devient occasion de rire… Si on a le temps de le percevoir. Alors vive l’arrêt sur image du magnétoscope ! Prenez une scène de taverne, avec héros discutant au centre. Rien ne paraît plus classique. Pourtant, l’écran regorge de trouvailles et de détails loufoques. Quand on sait que les «Z.A.Z.» refusent de faire tenir leur film en place et sont toujours en train de chercher autre chose… on imagine le résultat sur une heure et demie ! Comme leur précédent «Y-a-t-il un pilote dans l’avion ?» «Top secret» joue beaucoup avec le visuel (leur comique est donc référence aux grands classiques et grands succès cinématographiques, mais toujours aussi internationalement accessible). Exemple : le jeune chanteur de rock américain, venu en concert à Berlin-Est et entraîné dans le sauvetage d’un savant inventeur de l’arme absolue, rencontre des résistants français du nom de Du Quoi, Déjà Vu, Latrines, Albert Patate et Mousse au Chocolat (en américain dans le texte). Bien sûr, tous portent béret… De toute façon, «Top secret», parodie des films de guerre 39-45, des thrillers avec agents secrets, des films d’Elvis Presley, du «Lagon bleu» et de beaucoup d’autres choses, est irracontable Il faut le voir pour le croire. Et, même si l’ensemble est inégal, on s’y amuse souvent.

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L’aigle des mers

0 J janvier 2015 0 commentaires

L'aigle des mersEn 1585, un conflit entre l’Espagneet l’Angleterre est imminent. Le roi Philippe II ordonne la construction d’une Armada et envoie Don Alvarez de Cordoba à Londres en qualité d’ambassadeur chargé d’endormir, les soupçons d’Elizabeth quant aux véritables intentions des Espagnols. Fresque historique riche en événements avec Errol Flynn, qui débarque avec son vaisseau corsaire «L’Albatros» au service de la reine Elizabeth. Le duel Thorpe/Cordoba vaut toutes les corridas et courses de lévriers du monde, d’autant que Thorpe est tombé raide dingue amoureux de Maria, la nièce de Cordoba. Une romance à la Montaigu-Capulet (cf «Roméo et Juliette») sauf le poison et qui se terminera bien, la belle ayant choisi son camp. Un grand chef-d’œuvre des aventures maritimes. Le corsaire de la reine (Errol Flynn) amoureux et combatif est complètement renversant.

Pavillons lointains

Pavillons lointainsTiré du best-seller de M.M. Kayne, «Pavillons lointains» retrace l’histoire d’Ash, petit orphelin anglais, qui a passé son enfance aux Indes, suivi des études en Angleterre, revient aux Indes en tant qu’officier du corps des guides de l’armée anglaise. Pour lui, l’aventure commence guerres, passions, trahisons, morts et amours vont jalonner son expérience périlleuse et exaltante. De l’amour, de l’action, un grand film d’aventures au charme colonial avec la fausse Indienne de service qui pourrait facilement jouer les Shéhérazade dans le 101e remake des «Mille et une nuits», des éléphants en carton-pâte, des maharajahs passés au brou de noix, des maharanis en plastique mou et des très beaux paysages. Pas de mauvais esprit, «Pavillons lointains» est une réussite cinématographique, dans la lignée des «Lawrence d’Arabie» ou de «La route des Indes». C’est plus qu’un divertissement, c’est un grand film d’aventures.

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L’empereur du nord

0 J décembre 2014 0 commentaires

L'empereur du nordAux États-Unis, en 1933, c’est-à-dire à l’époque de la grande dépression économique, et au moment où des milliers de chômeurs cherchent une raison de vivre et fuient le Nord et la misère. La fuite, ils la trouvent dans les trains de marchandises auxquels ils s’accrochent clandestinement. Le chef des parias, c’est l’Empereur du Nord (Lee Marvin). Un autre paria (Ernest Borgnine), aidé par un jeune apprenti gangster, vulnérable et illuminé (Keith Carradine), veut supplanter L’Empereur du Nord. Les différentes phases de ces rivalités violentes se déroulent le long des voies ferrées avec poursuites infernales sur le toit des wagons et entre les roues. Climat de violence porté à son paroxysme pour le peuple de l’abîme, comme l’appellerait Jack London, et qui n’a plus rien à perdre. Au fond, il n’y a que la mort qui gagne. «L’Empereur du Nord», ou comment une société capitaliste en déclin peut faire d’hommes civilisés, des loups qui vivent en meute et chassent les dominés…

Dresse pour tuerDresse pour tuer

Le film de Samuel Fuller est dédié à Romain Gary, par amitié autant que parce qu’il est l’adaptation de son roman «Chien blanc». Le chien-loup blanc que soigne et recueille une jeune actrice de Los Angeles, a été dressé pour égorger les gens de couleur. Il fugue et revient couvert de sang. Sa nouvelle propriétaire décide de le confier à des spécialistes pour lui faire oublier ses instincts meurtriers. Mais l’un des dresseurs est noir. S’engage alors, entre dresseur et chien, un combat de volonté dont l’homme veut faire une victoire sur le racisme. Ces scènes d’affrontements et de rapports de forces sont les plus passionnantes. Utilisant à chaque fois plusieurs animaux dressés d’apparence très semblable, Samuel Fuller construit ses scènes avec une étonnante efficacité. Il ne retrouve pas tout à fait la même intensité dans les scènes où la jeune actrice est confrontée à son chien. Pourtant Krysti McNichols est non seulement très mignonne mais elle prouve qu’elle a un authentique tempérament de comédienne. «Dressé pour tuer», dernier film américain de Samuel Fuller avant le catastrophique «Les voleurs de la nuit», montre que le cinéaste est toujours le même baroudeur de l’image. Film violent et émouvant, «Dressé pour tuer» délaisse l’allégorie signifiante imaginée par Romain Gary au profit de l’action pure, du coup de poing émotionnel.

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Les centurions

0 J décembre 2014 0 commentaires

Les centurionsAdaptation cinématographique d’un best-seller de Jean Lartéguy, ce film de Mark Robson aborde un sujet qui suscite encore les passions : l’action des parachutistes français lors de la guerre d’Algérie dans les années 50. Même si tout cela est fondu dans le moule hollywoodien, il reste malgré tout un climat et un scénario beaucoup plus complexes qu’il n’y paraît de prime abord. Les paras, pourtant héros du film, n’ont pas le beau rôle dans cette escalade de violence. Au cœur du film, il y a deux hommes, deux soldats très différents. Le lieutenant-colonel Raspeguy (interprété par Anthony Quinn) souhaite redonner à ses hommes le goût de la victoire et leur faire oublier le souvenir amer de l’Indochine. Mais cet homme, simple, grégaire et droit se voit entraîné dans un combat sans honneur. Face à lui, le capitaine Esclavier (incarné par Alain Delon), militaire idéaliste et tourmenté, accepte moins facilement la chose et glisse lentement vers une prise de conscience politique. Leur antagonisme latent donne une grande force au film. Et les deux interprètes principaux y sont pour quelque chose. Anthony Quinn, loin de ses numéros style «Zorba le Grec» qui a fort mal vieilli, assume ici son personnage avec une économie d’effets qui lui donne de la puissance. Delon, dont la carrière est parsemée de rôle sublimes et d’interprétations fiascos, est ici séduisant et convaincant. L’autre plaisir d’acteur, que nous offre le film, est le passage rapide, mais magique de Michèle Morgan. Par quelques scènes assez violentes, « Les centurions » peuvent choquer certaines sensibilités.

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Conan le destructeur

0 J novembre 2014 0 commentaires

Lorsqu’on a découvert la première aventure cinématographique de Conan réalisée par John Milius, «Conan le Barbare», on pensait au cinéma de Richard Fleisher et à ce souffle épique que l’on retrouve dans la plupart de ses films d’aventures historiques, en particulier «Les Vikings».Conan le destructeur On attendait donc ce «Conan le destructeur» avec intérêt. Mais le résultat est un peu décevant. Si Richard Fleisher sait toujours mener avec un punch étonnant des scènes d’action pures comme celle du combat au bâton de Grace Jones, il est nettement moins à l’aise lorsque ses personnages se trouvent confrontés à des effets spéciaux, notamment le combat final avec le monstre cornu. Fleisher n’a pas retrouvé cette sauvagerie primitive qu’avait parfaitement captée Milius. Son approche et sa réalisation sont différentes, plus traditionnelles. Richard Fleisher choisit l’itinéraire initiatique, la suite d’épreuves qui conduisent au triomphe du Bien et au sauvetage de la princesse en danger. Une fois acceptée cette naïveté, Conan reste une bande dessinée d’aventures fort honorable. Si le musculeux Arnold Schwarzenegger est toujours aussi imposant, il reste par moments un peu convaincant acteur. Pourtant, lorsqu’il se met en place, une lourde épée entre les mains, il en impose. La vraie révélation du film, c’est pourtant sa partenaire Grâce Jones. On connaissait son physique étonnant et sa voix. A l’image, elle a une présence animale. Et elle est bien plus étonnante dans ce «Conan le destructeur» que dans le nouveau Bond, «Dangereusement vôtre», où nous la découvrirons prochainement.

Tank

Tank, joli nom pour un char d’assaut. Ce Tank est un rescapé de la dernière guerre mondiale et fait partie des bagages – pour ne pas dire des animaux familiers- que balade depuis quarante ans avec lui le sergent-major Zack Carey, qui va très bien et n’est pas malade dans sa tête du tout, bien qu’il prenne son char pour un toutou. Le SM (sergent-major) est apparemment né avec un casque camouflage sur la tête. Pour lui, les vraies valeurs sont l’honneur, la famille, la patrie, le devoir, la veuve et l’orphelin, et autant d’autres vertus qui ont fait les paroles des plus belles marches militaires. Bref, le SM, sa famille et son Tank débarquent dans une petite localité du sud des États-Unis. Après avoir défendu une prostituée, le SM livre bataille au shérif psychopathe de la ville. Ce dernier monte une fausse histoire de trafic de drogue pour faire incarcérer le fils de Zack. Celui-ci décide alors de faire justice lui-même aux commandes de son char d’assaut. Le scénario ne fait pas dans la dentelle, mais, on parle de Tank ! Heureusement qu’une certaine dose d’humour ressort de tout cela.

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Greystoke, la légende de Tarzan, seigneur des singes

0 J novembre 2014 0 commentaires

GreystokeCe film est parfait. On pensait avoir tout vu sur Tarzan mais Hugh Hudson est arrivé et tout est devenu neuf. Nouveau ! Jusqu’à présent, Tarzan, le héros d’Edgar Rice Burroughs, appartenait à la série B. Petit budget et aventures premier degré. Hudson en a fait une aventure quasi-métaphysique. Un opéra sauvage où la vie côtoie la mort, où l’homme s’assimile à l’animal et où l’instinct rejoint l’intelligence ! Son film est aussi une fable écologique, car le monde le plus invivable n’est pas celui que l’on pense. Un jour, un naufrage, un nouveau-né… Il n’en faut pas plus pour le petit John Clayton, futur Lord Greystoke devienne Tarzan, le seigneur des singes. Un autre jour, un survivant d’une expédition massacrée par les indigènes, une rencontre avec l’homme singe… Il n’en faut à nouveau pas plus pour que le puissant Tarzan redevienne Lord Greystoke et retourne à la civilisation. Le film d’Hugh Hudson investit deux univers totalement antinomiques : la jungle et la société des singes d’un côté, l’Angleterre et la civilisation des hommes, de l’autre. Entre les deux mondes Tarzan/Greystoke va être ballotté, sans vraiment appartenir ni à l’un ni à l’autre. Pourtant en fin de compte, Tarzan optera pour Greystoke… Tarzan/Greystoke, c’est Christophe Lambert, un fantastique acteur, à la fois impressionnant animal couvert de cicatrices et aristocrate pair du royaume. Il donne au double rôle une puissance époustouflante. Face aux singes (des acteurs maquillés superbement par Rick Baker. l’homme de «King kong» ou du «Thriller» de Michael Jackson) dans le vert cocon de la jungle mais aussi face à un comédien d’exception comme Ralph Richardson (dont ce fut le dernier film) dans le faste somptueux des châteaux de l’Angleterre victorienne. Un chef-d’œuvre !

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Nastassja d’aujourd’hui et de demain

0 J octobre 2014 0 commentaires

Nastassja«…J’étais devenue actrice par hasard. Et je me suis laissée entraîner…j’enchaînais un film sur l’autre. Je n’avais pas de vie privée, alors je m’accrochais à mon travail. Mais au fond. je trouvais cela ridicule. Je ne savais pas pourquoi je le faisais, ni pour qui. Il me manquait cette force intérieure que j’ai trouvée depuis. Je souffrais parce que je ne voyais pas comment on pouvait continuer à vivre de cette façon : interpréter un rôle et puis rentrer chez soi et se retrouver perdue, rien dans la main… Il a fallu que je tourne mes deux derniers films «Paris, Texas» et «Maria’s lovers» pour que je découvre ce qu’est vraiment ce métier. J’ai l’impression de re-débuter de tout réapprendre. De faire enfin les choses avec le cœur…»5 «…J’ai revu «Tess» à la télévision en Amérique et j’avais l’impression que ce n’était pas moi, alors que, la première fois où j’ai vu le film, je ressentais les choses comme je les avais jouées… J’ai l’impression que, depuis «Tess», tout s’est passé pour moi. J’ai donné beaucoup de temps à mon travail, j’ai tourné beaucoup de films. Maintenant, j’ai envie de relations avec les gens, avec la nature, avec moi-même, avec la vie, quoi ! J’ai surtout le désir d’être calme. Je vais continuer le cinéma parce que c’est mon métier, je ne vais pas le jeter en l’air. Peut-être qu’encore deux ou trois films vont se présenter tout seuls comme s’ils étaient le destin. Mais ils ne seront pas tout. Je veux des choses touchables qui pousseront en même temps que moi et qui ne se couperont pas comme à la fin d’une prise. Avec des morceaux, on ne fait pas une route…»1°

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Son enfance

0 J octobre 2014 0 commentaires

«…L’enfance, c’est si important. Mon enfance m’a tout donné… Mes parents étaient toujours là. On parlait de tout…»1 «…On était trois. Mon père, ma mère et moi. Et puis, ils se sont séparés. Ça a séparé tout le monde. Avant la séparation, l’enfance, pour moi, c’était le bonheur. En Allemagne, en Angleterre, en Italie. La force que j’ai eue pour toute ma vie vient vraiment de là. De nous trois ensemble…»2

Son père Klaus

«… Je l’ai revu et aimé jusqu’à l’âge de quatorze ans, mais à ce moment-là, il a changé et ça a été fini. Je ne le vois plus. Je ne veux garder de lui que les bons souvenirs, ceux de mon enfance et notre désir commun d’être russes et polonais comme nos lointains aïeux. Nous avons tous deux l’âme et le tempérament slaves, mais nous sommes allemands…»3 «…Je n’ai jamais rencontré un homme comme mon père. Il est si fou, terrible et passionné en même temps. A cause de lui, je n’ai jamais connu rien d’autre que la passion. C’est normal pour moi. Maintenant, je rencontre des gens et je vois que ce n’est pas si ordinaire…»1

Sa mère Brigitte

(Après le départ de Klaus) «…Ma mère et moi, nous nous sommes construit une relation étrangement proche. Elle est comme le soleil qui se lève sur moi. Dans la jungle qui nous entoure, elle me protège comme une lionne le fait avec son petit. Lorsque nous parlons ensemble, l’entente est parfaite. Elle est la seule personne que je puisse vraiment aimer…»4

Les débuts au cinéma

«…J’ai été découverte dans une boîte de rock à treize ans par l’actrice Liza Kreuzer…»3«…C’était comme un petit travail. On me donnait de l’argent pour aller me faire filmer. C’est comme ça que je me représentais les choses. Je ne connaissais rien au cinéma. Par exemple, on me demandait d’aller sur un plateau. Mais je ne savais pas ce que c’était, moi, un plateau !…»2 «…J’ai tourné quelques films allemands. Le premier, «Faux mouvement», n’était pas encore terminé quand on est venu dire à ma mère que je n’étais vraiment pas faite pour le cinéma ! C’est vrai qu’à l’époque je prenais tout à la rigolade, rien n’était sérieux, je me moquais de tout ! Très vite, les journaux nous ont traîné dans la boue, ma famille et moi. Je ne comprenais pas pourquoi, j’étais fragile. J’ai perdu mes copains de classe, tout mon entourage était sur la défensive, j’étais blessée…»3 «„. Je me suis retrouvée actrice sans jamais avoir pris la décision de le devenir. Ça s’est fait au jour le jour. Et j’ai oublié toutes mes décisions de petite fille. Pourtant, j’avais plein d’idées : danseuse, peintre, prof, nurse… mais quand j’ai vu qu’au cinéma, on pouvait être une princesse, un assassin, un ange… ça m’a fascinée…»2

En passant par l’actor’s studio

«…A seize ans, j’ai décidé que je ne pouvais plus continuer à faire les choses à moitié. Les études ne m’intéressaient pas tellement, alors j’ai choisi le cinéma. Je suis partie pour New York, à l’école de Lee Strasberg… »3 «…J’ai assisté à des cours… Mais je n’étais pas sûre de vouloir en faire autant. On m’avait tout arrangé. On pensait que c’était bien que j’aille là-bas, comme les enfants auxquels on apprend le piano dès leur jeune âge. En fait, ce n’est que beaucoup plus tard qu’ils se mettent à aimer la musique…»

Tess : la consécration

«…Je connaissais Polanski depuis des années. Je l’avais rencontré dans une fête à Munich où il montait «Rigoletto» à l’opéra. Tout le monde m’avait dit de me méfier de cet affreux jojo, séducteur de nymphettes. Mais il s’est révélé le contraire de ce que les gens bêtes m’avaient dit…J’avais une grande faim de lui…J’avais vu «Le bal des vampires» cinq fois ! La première à onze ans, en cachette. J’étais complètement obsédée par ses films…Roman m’a parlé de «Tess» sans me dire qu’il pensait à moi pour le rôle. Il m’a demandé de lire le livre mais, bien entendu, j’ai complètement oublié… Quelques mois plus tard, il m’a dit : j’aimerais te donner une chance, mais ton accent n’est pas bon. Va en Angleterre étudier. J’ai couru à Londres et j’ai travaillé pendant cinq mois. Je ne sais pas si mon accent s’est amélioré mais, en tout cas, ça a marché !… Pendant le tournage, nous formions un monde à part, comme si nous étions dans une capsule spatiale tournant autour de la terre. Il y avait des gens de tous âges, la communication était parfaite, chacun d’entre nous était une pièce du puzzle, tout le monde m’aimait, c’était formidable…»3 «…J’ai tout essayé pour ressembler au personnage de Tess, pour m’identifier à elle, à ses états d’âme…»5

L’aventure américaine

«Coup de cœur» de Francis Coppola : «…Coppola est un père et un dictateur à la fois…»5 «…Il avait reconstitué l’atmosphère des studios du Hollywood de la grande époque. Son idée était d’amener les acteurs à improviser, à redevenir des enfants, à jouer comme des enfants, à se laisser aller à leurs sensations, à leur émotion aussi longtemps qu’il le faudrait, puis de tourner le film en trois semaines comme une pièce de théâtre…»3 «La féline» de Paul Shrader : «…J’ai eu tort de trop lui faire confiance…»5 «Surexposé» de James Toback : «…Ce film explique pourquoi nous sommes vivants, pourquoi nous naissons… C’est un film et une expérience que j’aime vraiment…»4

Cannes -83 pleine lune

«…Tout a déjà été dit et montré au cinéma. Jean-Jacques Beineix a essayé de montrer dans «La lune dans le caniveau» ce que l’on a profondément dans notre corps et notre âme, ce qu’on ne voit pas et qu’on ne pourra jamais attraper. Toutes ces choses que l’on ne connaît pas et que l’on n’ose pas regarder en nous-mêmes…»6

Cannes l’ éclaircie. Via Paris, Texas

«…J’ai été comme le personnage de Jane de «Paris, Texas» qui fuit un amour devenu destructeur, mais se révèle incapable d’échapper à elle-même, butant toujours sur le même obstacle comme un disque rayé…»7 «…II y a des moments où l’on est tellement vide, malheureux, que l’on ne peut rien donner à personne, que la seule issue pour survivre, c’est de s’échapper…»5 «…Moi aussi, j’ai voulu partir du monde. Je me demandais s’il y avait une façon de partir de soi-même. Il n’y en a pas : il faut être dedans soi. Jane est perdue, moi aussi je l’étais. Mais elle sait encore parler. Le peep-show, c’est peut-être plus intime qu’une conversation classique comme entre vous et moi. On s’interroge plus sur le sens des mots et on se concentre davantage sur la voix…»2

Maria et ses loves

«…J’ai toujours été fascinée par la Russie, par les pensées et les émotions si singulières que font passer les Russes. Konchalovsky, lui, cherche avant tout à exprimer des émotions très simples, mais fondamentales et qui s’accordent avec ma propre sensibilité. Pour lui, ce qui importe, c’est de réaliser dans l’amour l’harmonie entre le physique et le spirituel, entre le désir animal et l’élan de l’âme. C’est l’équilibre entre ces deux pôles contradictoires qui fait la plénitude de l’être humain et celle des rapports entre deux êtres. «Maria’s loyers» dit cela avec beaucoup de profondeur, à travers l’histoire d’un amour partagé, mais longtemps incomplet et déséquilibré entre Ivan et Maria et dans lequel vont interférer d’autres hommes…»5 «…Maria, c’est quelqu’un qui aime un homme comme les religieuses aiment Dieu. Pour son mari, déchiré par la guerre et par les morts qu’il a vus, elle a un amour absolu. Elle est dans l’enfer avec lui puisqu’il ne peut pas lui faire l’amour. Mais elle veut les sauver tous les deux…»9 «…Maria a la foi. Jamais elle ne lâche. Elle sait que l’important, c’est d’être ensemble et de s’entraider… Le métier d’actrice, c’est d’être en communion avec tous les gens qui ont vécu, ou vivent encore les joies ou les souffrances qu’on est censé incarner. «Maria’s lovers», je l’ai joué en pensant à toutes les femmes qui sont seules, tiraillées par le désir. Et puis à tous ces garçons qui reviennent de la guerre perturbés par les choses affreuses qu’ils ont vues et qui doivent continuer à vivre avec d’atroces souvenirs…»5

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