Ceinture vue d'Essert










 

Belfort

Belfort et les forts d'avant 1870

Château et Lion de Belfort
Le château de Belfort et le "Lion" de Bartholdi

L'enceinte urbaine et le Château
(Textes d'Antoine Brolli)

Au moyen âge, un mur de pierre, comptant quelques tours, protège une petite bourgade au pied du rocher sur lequel est bâti un château féodal dont l'existence est attestée dès 1226.

Obsolètes depuis l'invention du boulet métallique au XVe siècle, ces fortifications - qui subiront entre temps sept sièges - sont en mauvais état quand survient leur première modernisation.
De 1637 à 1648, le comte de la Suze fait ajouter un front bastionné au château. Puis, à la demande du roi Louis XIV, le célèbre Vauban étudie à son tour la modernisation de la place forte. Il fait ajouter au château un ouvrage à cornes ainsi qu'une caserne.
Mais c'est dans la ville elle-même que les transformations sont les plus spectaculaires : entre 1687 et 1703, l'ancienne enceinte urbaine est rasée et remplacée par une enceinte bastionnée pentagonale qui double la surface de la ville, dans laquelle sont construits des casernas et des magasins. De cette nouvelle enceinte, représentative du "deuxième système Vauban", il subsiste de nos jours d'importants éléments, en particulier trois tours bastionnées et la porte de Brisach avec son front bastionné complet. 

La valeur de ces fortifications est attestée particulièrement par le siège de 1815, qui laissa la place invaincue.

La première ceinture de forts

A la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe, par suite d'une augmentation de la précision et de la mobilité de l'artillerie, les villes peuvent désormais se trouver menacées par des canons installés par l'ennemi sur les collines les plus proches.
Pour empêcher l'occupation de celles-ci, il faut y installer un ouvrage fortifié : c'est l'apparition des premières ceintures de forts autour des villes.

A Belfort, si l'on excepte quelques travaux de fortification de campagne réalisés pendant la révolution et le siège de 1815, les premières modernisations de la place depuis Vauban interviennent à partir de 1817, sous les ordres du général Haxo. Le château est complètement remanié et transformé en une forteresse moderne, l'enceinte urbaine est retouchée, tandis qu'au nord-est de la ville se construit le camp retranché du Vallon, avec les forts de la Miotte et de la Justice.

Puis en 1857, une enceinte des faubourgs est esquissée avec l'édification; à l'ouest de la ville, du front 3-4. L'accroissement de la portée des canons consécutive à l'apparition de l'artillerie rayée l'année suivante rend indispensables de nouveaux ouvrages à l'ouest et au sud de la ville. Le fort des Barres est construit de 1865 à 1870. Enfin, en 1870, avec les redoutes terrassées des Perches et celle de Bellevue (à l'emplacement de l'actuel cimetière du même nom) s'achève la première extension des défenses de la ville. 

Belfort va donc subir le mémorable siège de 1870 - 1871, duquel elle sortira invaincue, avec une ceinture de forts avancés situés à une distance d'environ 1200 à 1500 mètres du noyau initial Château-enceinte urbaine. Après cette guerre , dans le cadre du programme "Séré de Rivières", les forts des Perches seront reconstruits et un mur d'enceinte des faubourgs édifié.

Château

La citadelle de Belfort présente une succession de trois enceintes. En partant de l'extérieur de la forteresse, on rencontre d'abord l'enceinte externe, dans laquelle a été inclus l'ancien ouvrage à cornes de Vauban, puis l'enceinte intermédiaire qui comprend un groupe de casemates d'artillerie. Ces deux enceintes (construites entre 1820 et 1840) sont l'œuvre du général Haxo. Après l'enceinte intermédiaire, le couronné du comte de la Suze (1637 - 1648) offre aux regards sa masse imposante. Dominant ce couronné, un cavalier (terre-plein élevé au-dessus d'un autre ouvrage pour en doubler les feux) abrite des casemates d'artillerie (1819 - 1826), derrière lesquelles se trouvent la cour d'honneur et la caserne de grès rose qui date de 1826.
Du Château fort médiéval, il ne reste plus aujourd'hui que le puits, le fossé (recouvert et transformé en caserne en 1749) et la tour des Bourgeois (XIIIe siècle).

Le Château était équipé d'une centaine de bouches à feu à l'air libre et sous casemates et pouvait procurer un abri sûr à plus de 1000 hommes. Il joua un rôle clé durant le siège de 1870 - 1871 et abrita le poste de commandement de la place jusqu'en 1940.

La Miotte

La Miotte en 1622
Copyright : Musée d'Art et d'Histoire de Belfort
La Miotte et la ville de Belfort telles qu'elles se présentaient en 1622.

Promontoire rocheux dominant la ville, la colline de la Miotte fit partie du premier plan de modernisation des fortifications. 

Commencé en 1831, de forme grossièrement triangulaire, c'est un fort bastionné avec un cavalier, destiné à accueillir une dizaine de canons à l'air libre. Sur le bastion ouest s'élève une tour servant d'observatoire. Frappée par des obus en 1870 - 1871 et en 1940, elle fut chaque fois reconstruite, plus pour des raisons sentimentales que militaires.
En effet, avant la construction du fort, ce lieu était déjà occupé par une très vieille tour de pierre aux origines et à la destination incertaines, devenue un véritable symbole pour les belfortains.

Encore aujourd'hui, cette tour  fort domine domine fièrement  le "stratégique" et l'étang des Forges.

Le fort de la Justice (Lecourbe)

Fort bastionné de forme grossièrement triangulaire comportant deux cavaliers et une caserne pour 300 hommes environ, le fort de la Justice a été construit à partir de 1826 pour une vingtaine de pièces d'artillerie à l'air libre.

le 18 JUIN 1940, la petit garnison resista à l'ennemi pendant 9 heures, au prix de lourdes pertes. 

Front du Vallon    

Commencé en 1831 et achevé en 1842, le front du Vallon est un rempart traversé par une porte, reliant les forts de la Miotte et de la Justice et barrabt la route d'Alsace. Avec le rempart naturel créé par les collines de la Miotte et de la Justice, il forme un quadrilatère protégé : le camp retranché du Vallon, prévu pour servir - en temps de guerre - de lieu de rassemblement (et de refuge le cas échéant) à une armée de campagne.

 

 

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