Situé 3km à l'ouest de Belfort, l'ouvrage de la Côte est né de la
crise de "l'obus torpille".
Cet
ouvrage intermédiaire d’infanterie, édifié entre 1890 et 1892, est
une conséquence des progrès de l’artillerie et de l’évolution des méthodes
d’attaque des places fortes.
En effet, à peine achevée, la deuxième
ceinture de forts du camp retranché de Belfort (édifiée entre 1874 et
1887 dans le cadre du système fortifié du général Séré de Rivières)
dut être complétée par de nouveaux ouvrages.
L’ouvrage
de la Côte d’Essert reçut une double mission : d’une part,
tenir éloigné l’ennemi ayant réussi à contourner Belfort, en
surveillant notamment la route venant de Lure ; d’autre part,
s’opposer aux infiltrations d’infanterie entre les forts du Mont
Vaudois et du Salbert.
Creusé dans le roc, cet ouvrage diffère notablement
des autres ouvrages intermédiaires construits en même temps
que lui.
Bien que destiné principalement à la lutte contre les infiltrations
d'infanterie, il accueillait , en plus des quatre canons de petit calibre
(90mm) destinés à cet usage, quatre pièces d'action lointaine (calibre
120mm) agissant notamment sur la route de Lure.
Sorte d'hybride entre un ouvrage
intermédiaire et une batterie, son architecture originale représente une
transition entre le fort de 1874 et l'ouvrage intermédiaire de 1914 tel
que l'ouvrage de Meroux.
C'est un trapèze dont les fossés sont défendus par des coffres de
contrescarpe. L'entrée se fait par le fossé. Les locaux, entièrement
souterrains, sont conçus pour plus de 250 hommes. Le béton y est rare à
cause de la présence du roc qui le remplace avantageusement. Seuls sont
bétonnés les coffres de contrescarpe, les casemates défendant l'entrée
et les abris sur les dessus (en particulier les abris pour les canons de
90 disposés sur les flancs).