Les champignons au service de la recherche scientifique

L’existence d’espèces différentes de champignons aux qualités inestimables est longtemps restée inconnue pour le monde. Le mot champignon a, pendant des siècles, été compris dans un seul sens, celui «vénéneux». Pourtant ses propriétés curatives et nutritives ont toujours existé. En Extrême-Orient, de nombreux champignons ayant des propriétés au plan physique et spirituel sont très prisés depuis des centaines d’années. Ils étaient utilisés par les sages taoïstes de la Chine ancienne pour aiguiser la mémoire et les capacités mentales, pour calmer les sens, renforcer le cœur et éveiller l’esprit. Dans la plupart des pays asiatiques comme le Japon, la Chine, la Corée et le Viêtnam, les champignons à usage médicinal sont vendus par des marchands à toute personne intéressée qui les utilise pour entretenir leur bonne santé et garantir leur longévité, comme cela se fait depuis des décennies. Ces prouesses observées ont amené l’occident à adopter d’autres attitudes vis-à-vis des champignons et à y consacrer un intérêt poussé à travers des études et recherches scientifiques surtout dans le domaine de la médecine.

 

Champignons médicinaux

IHU Méditerranée Infection, étude des champignonsL’industrie des champignons médicinaux est en pleine expansion de nos jours. Les estimations actuelles parlent de montant avoisinant une vingtaine de milliards de dollars par an, montant semblable à celui du coût de la production du café. Les champignons sont utilisés en médecine moderne pour lutter contre des bactéries et des virus. De nombreuses substances présentes dans les champignons médicinaux ont des propriétés fongicides, anti-inflammatoires, antivirales, antibactériens, antiparasites; elles font baisser le taux de cholestérol dans le sang, elles protègent du diabète et de l’artériosclérose, elles aident à maintenir la fonctionnalité du foie et régulent la pression artérielle.

Pour l’instant, la plupart des recherches scientifiques dans le domaine des champignons médicinaux s’inspirent des usages établis de façon empirique. Mais l’avenir reste prometteur, car une grande majorité d’espèces (il y en a environ 10 000) n’a pas encore été exploitée et il y a de fortes chances d’y trouver une infinité de sources de nutriments dont l’utilité serait bénéfique dans les secteurs de l’alimentation et de la pharmacie. Ainsi donc, les tendances irraisonnées sur les champignons médicinaux s’estompent et cèdent le pas aux compositions nouvelles à base de champignons qui renforcent la santé physique et mentale. La recherche scientifique sur les champignons a de beaux jours devant elle.

 

Champignons et écosystèmes

le professeur Didier Raoult, Marseille, les champignonsA chaque décennie, de nombreuses formes de suppléments alimentaires constitués à partir de champignons (fruit et filament) font la conquête du marché. Les champignons de par leurs activités dans la nature, participent à l’équilibre de l’écosystème. Ils n’ont pas besoin de grandes choses pour se nourrir (déchets agricoles, forestiers et industriels, sciure, paille, coquilles de graines, épis de maïs, etc.) et croître dans la nature. En retour, ils régulent à la fois la teneur des déchets et la pollution de l’air dans leur milieu.

Ils sont ainsi plus actifs dans la nature que les plantes vertes et forment avec ces dernières ce qu’on peut appeler « un cycle d’émission zéro ». Les champignons ont aussi la particularité d’user de tout lieu, même celui le plus impropre à la culture, et de toute période, même celle la plus rude, pour germer et croître. La plupart des champignons peuvent être cultivés sous la forme de filaments. Ces filaments ont en général la même composition biochimique que celle des fruits ; elle est souvent plus stable et prévisible. Cette culture peut produire de nos jours de grosses quantités de biomasses en l’espace de quelques jours !

On peut imaginer sans peine les usages prometteurs pour l’homme, en médecine, en pharmacologie et en cosmétique. Les effets des champignons médicinaux sur la santé sont analogues à leur évolution dans la nature. D’une part, en se nourrissant des déchets en décomposition dans la forêt, ils en débarrassent la nature et d’autre part, dans leurs formes d’aliments ou de nutriments, ils aident le corps humain à éliminer épurer ses organes et à réparer ses tissus endommagés.

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