Interview

«Elsa, Elsa !» de Didier Haudepin sort dans quelques jours. C’est votre premier film. Que représente pour vous cette nouvelle expérience ?

Vous savez, j’ai eu quatre jours pour accepter. J’ai repris un rôle que devait jouer Pascale Ogier. Comme je trouvais que c’était une grande actrice, ça m’a encouragée à accepter.

Quel personnage jouez-vous dans ce film ?

L’histoire est un peu complexe. C’est un ancien enfant-acteur, devenu réalisateur, à qui l’on commande justement un film sur ses souvenirs d’enfance. Au même moment, Elsa, la fille avec qui il vit, le quitte. Il va mélanger les deux histoires. Je suis l’actrice qui joue le rôle d’Elsa.

Avant de faire ce film, aviez-vous eu d’autres propositions ?

J’ai eu quelques propositions, mais la plus intéressante, ce fut celle du premier rôle de «L’été meurtrier». J’avais été retenue après que Sophie Marceau et Clio Goldsmith ne l’aient pas été et qu’Isabelle Adjani ait refusé. Comme je n’ai pas accepté, Valérie Kapriski a été choisie. Au dernier moment, Adjani est revenue sur sa décision et a joué le rôle. Je n’ai donc eu aucun regret.

Vingt-deux ans, est-ce trop tôt ou trop tard pour débuter une carrière d’actrice ?

Il n’y a pas d’âge pour débuter dans le cinéma contrairement à la chanson où il est préférable de commencer tôt pour avoir le contact avec un public jeune.

Le tournage n’a pas dû être triste avec des gens comme François Cluzet et Tom Novembre ?

Je suis arrivée sur un tournage qui avait déjà débuté. Pour répondre à votre question, je vous dirai que je ne bois pas, que je ne prends pas de «coke» et que je ne fais pas souvent la fête. Cela dit, tout s’est très bien passé car François Cluzet et Tom Novembre sont des professionnels. François m’a énormément aidée, rassurée, et j’avais à cœur de m’adapter à son jeu. En fait, il a une carrière à défendre alors que je fais ça plutôt en dilettante.

Depuis «Elsa, Elsa !», avez-vous eu des propositions ?

J’ai été contactée pour plusieurs projets, mais pour l’instant je réponds non à tout le monde. Je n’ai pas envie de tourner.

Pourquoi ?

.J’ai évolué dans un milieu où il y a très peu de liberté. Je regarde maintenant où je mets les pieds. Je n’ai pas perdu mon enthousiasme, mais je n’ai plus le même culot. Lorsqu’on est adolescent, on vit mal, on a l’impression que les adultes sont contre vous et l’on se rebelle, même inconsciemment. Aujourd’hui, je suis un adulte qui tente de rester rebelle. Et puis je n’ai pas envie de voir un certain type de personnes que l’on est forcé de rencontrer quand on fait une carrière dans la chanson ou dans le cinéma.

Considérez-vous que les professionnels du cinéma sont plus superficiels ou plus impitoyables que ceux de la chanson ?

Non, ils sont surtout plus pédants, ils ont l’impression qu’ils font de l’art avec un grand A. Dans la chanson, quand on fait de la «variété» on ne peut pas se prendre au sérieux. Les gens de cinéma se congratulent sans cesse entre eux, c’est toujours : «il est formidable», «quel merveilleux acteur», «quel grand homme». On a l’impression qu’ils connaissent tout le gratin du monde. Les superlatifs, il faut les garder pour les personnes qui les méritent vraiment et je ne crois pas qu’il y en ai tant que ça. J’ai rencontré des tas de gens dans ce milieu qui sont de simples mortels avec des milliards de défauts et de qualités. Parler beaucoup de générosité et d’amour et en avoir très peu, c’est plutôt gênant.

Le mot carrière semble vous déranger.

Ce n’est pas le mot lui-même, mais tous les compromis qu’il entraîne, toutes les merdes. Remarquez, c’est le même système dans tous les métiers. Ma mère est employée de bureau et elle subit le même genre de pressions. Pour revenir au cinéma, je peux dire que je souhaiterais travailler avec un réalisateur qui fait son premier film. J’aime les gens neufs, ceux qui ont encore une certaine fraîcheur.

Il n’y a donc aucun metteur en scène de renom avec lequel vous souhaiteriez tourner ?

Non, je réagis plus en fonction des rôles qu’en fonction des réalisateurs. Ça m’aurait plu de jouer le rôle que tenait Victoria Abril dans «La lune dans le caniveau». Beineix a souvent des rôles intéressants pour les femmes. J’aimais bien aussi le rôle de la petite Chinoise dans «Diva». Je ne cours pas après un rôle à la Juliette Binoche. Je la trouve très bien, mais je n’ai pas besoin de ça. Je préférerais être une James Bond girl.

Pour le moment, vous vous consacrez donc uniquement à la chanson ?

Pas exactement. Disons que je me rends compte aujourd’hui de certaines choses dont je n’avais pas conscience avant. J’essaie d’y voir clair. Comme je n’ai pas envie d’être un ermite, il faut que je trouve des solutions à mes perturbations morales. D’une manière plus pratique, il faut avouer que depuis «Elsa, Elsa !», pour le cinéma, et « T’étais où» avec Jackie, pour la chanson, je n’ai pratiquement rien fait.

Coluche condamné à deux mois de prison pour avoir insulté un policier, ça vous fait plutôt rire ou pleurer ?

C’est ridicule. Tout le monde sait très bien que lorsqu’on insulte un flic on est condamné. Coluche est un citoyen comme les autres. Cela dit, personne ne réagit. Il y a des gros cons de policiers qui vous insultent et vous ne pouvez rien faire.

Vous êtes allée pour la première fois au Festival de Cannes. Qu’est-ce-que ça a représenté pour vous ?

Des films à l’affiche, une concentration de médias, des films «merdiques» couronnés et quelques chefs-d’œuvre. Ce n’est plus du tout un symbole. On sent très bien que le festival sert uniquement à faire fonctionner l’industrie du cinéma. J’ai été simplement contente quand quelqu’un qui le méritait a été couronné.

Oserais-je maintenant vous demander si vous avez des projets professionnels ?

J’oserai vous dire que je pars en vacances et que je ferai le point à la rentrée.

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