L’oncle Buck

En quelques films (« Breakfast club », « La folle journée de Ferris Bueller » ou «La vie en plus»), John Hughes s’est fait le chantre de l’adolescence et des jeunes adultes connaissant des problèmes pour trouver leur place dans la vie. Hughes aime également faire rire aux dépens des adultes, des parents souvent, des tenants de l’autorité (surveillant général de lycée en particulier). Et, dans « L’oncle Buck », il ne s’en prive pas. Cette fois, retrouvant John Candy (son gros interprète d’« Un ticket pour deux), il s’offre le portrait de ce tonton» honte de la famille » comme chacun en cache au moins un dans les feuillages de son arbre généalogique. Bien qu’il ait la trentaine bien dépassée, l’oncle Buck imaginé par John Hughes est un éternel gamin marginal, maladroit et insouciant. Et John Candy donne au personnage beaucoup de folie mais aussi beaucoup d’humanité. Et il fait de ce tonton un célibataire qui s’est un peu enlisé dans ses égoïsmes et ses habitudes, mais qui a un cœur d’or. Et lorsqu’il se voit confier la garde de la marmaille de son frère deux gosses pas faciles et une adolescente de quinze ans mal dans sa peau et revendiquant sa liberté de femme, les premiers contacts sont explosifs. Mais on apprend à cohabiter, en se connaissant mieux. Et Buck a autant à apprendre de ses neveux et nièces que la réciproque. Ce film, sous couvert de comédie burlesque et satirique, est une jolie leçon de morale, de tolérance et de tendresse.

La baule-les-pins

La baule-les-pinsL’été 1958. Le général De Gaulle revient, l’Algérie bouillonne, la Ve République s’installe, mais Frédérique, treize ans, n’en a cure. Entrée par hasard dans la chambre de ses parents, elle les a surpris en pleine crise. C’est avec sa mère seule que Frédérique et sa petite soeur, Sophie, vont partir à la plage, à La Baule-les-Pins. Lena (Nathalie Baye) a décidé de divorcer, et Michel (Richard Berry) le prend très mal. Mais entre la tension de cette scène qui ouvre le film et les éclats des disputes vers la fin, il y a la chronique nostalgique et tendre de ces vacances, gentil au fond. Ah, on n’oubliera pas ce concours de châteaux de sable et cette expédition punitive des gamins justiciers, par qui le scandale arrive à La Baule-les-Pins ! Et le funeste sort des poissons rouges du propriétaire ! Il y a chez Diane Kurys, depuis la révélation de « Diabolo menthe », un don d’observation des gens. On regrette seulement que les raccourcis de son montage sacrifient souvent à la facilité et à la volonté de plaire—elle y parviendrait sans ces artifices.

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