Maria’s lovers

Maria's loversUn peu comme pour le «Paris Texas» de l’Allemand Wim Wenders, ce qui étonne dans le «Maria’s loyers» du Russe (émigré en France puis aux États-Unis) André’ Konchalovsky… c’est le regard, à la fois lucide et fasciné, qu’il porte sur les paysages américains et leurs habitants. La petite ville de Pennsylvanie, en 1945, où évolue Maria est à la fois séduisante et authentique, dépaysant et quotidienne. Les maisons de bois, les intérieurs, les champs de blé, le bal… tout semble participer à l’atmosphère de ce doux et nostalgique mélodrame. Maria est la plus belle fille du coin. On la sait gentille, on la sent fragile. Les hommes tournent autour d’elle et elle trouve une évidente sensualité à jouer avec eux. Quatre hommes principalement comptent dans sa vie. Celui qu’elle épouse Ivan (interprété par John Savage), à son retour d’un camp de prisonniers. Pour lui, elle est le rêve, la dernière planche de salut pour revenir parmi les vivants, loin de la guerre et des rats. Il y a aussi le père d’Ivan, figure d’autorité avec lequel elle entretient des rapports ambigus de désirs avortés et de confiance aveugle. Cette barbe blanche et ce visage buriné, c’est Robert Mitchum. Et puis il y a le fringant officier (incarné par Vincent Spano), couvert de décorations et de demoiselles. Et puis il y a enfin, ce coucou chanteur, superbement interprété par Keith Carradine, qui roucoule pour mieux faire son nid chez les autres, le temps d’une chanson. Entre ces quatre hommes. Maria va vivre, sourire, se révolter, aimer, se sacrifier… Konchalovsky raconte à fleur de peau et possède un art extraordinaire de faire donner à ses acteurs autre chose… tout en restant sur le mode mineur. «Maria’s loyers» est un film sublime, insupportable et tendre. Et la cassette vidéo facilite la chose !

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